Rebelote. Sans surprise, la Société générale a demandé, lundi 25 juin, de condamner Jérôme Kerviel à payer 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts, montant de la perte historique pour laquelle il est poursuivi, devant la cour d'appel de Paris. Une somme équivalente à 390 000 années de smic et donc impossible à rembourser pour l'ancien trader de 35 ans, ce qu'un des avocats de la banque, Me Veil, a admis. 

Lors de la première instance en 2010, Jérôme Kerviel avait été condamné à ce montant astronomique ainsi qu'à cinq ans de prison dont trois ferme. Juste après ce premier procès, il était toutefois apparu que la Société générale avait récupéré 1,7 des 4,9 milliards d'euros perdus, par le biais d'un dispositif permettant aux sociétés de bénéficier, en cas de pertes exceptionnelles, d'une déduction d'impôt atteignant un tiers de la somme perdue. 

Cette ristourne avait suscité une vive polémique et demeure contestée par la défense, qui estime que la banque n'y avait pas droit, du fait des carences de ses systèmes de contrôle sanctionnées par la commission bancaire. Me Veil a rejeté cet argument, évoquant un avis du Conseil d'Etat mettant selon lui "un point final à toute discussion".