L'annonce en a surpris plus d'un. Et elle a de quoi. Le géant Facebook a déclaré, lundi 9 avril, avoir racheté Instagram, service de partage de photos sur mobile, pour un milliard d'euros. Une somme extravagante pour cette jeune start-up âgée d'à peine 2 ans et qui n'emploie qu'une quinzaine d'employés. Pis, ce réseau social d'un nouveau genre présente aussi la particularité de ne pas être (encore) rentable. Quels arguments ont donc séduit Mark Zuckerberg pour qu'il mette la main au portefeuille ? Eléments de réponse. 

1. Dominer l'empire des smartphones

Internet, c'est bien ; les smartphones, c'est encore mieux. Facebook l'a compris et souhaite se développer sur ce créneau. Selon le site spécialisé ZDnet, les deux fondateurs d'Instagram, Kevin Systrom et Mike Krieger, ont donc vu juste en ne ciblant que les téléphones portables. L'application permettant d'ajouter des filtres vintage à ses photos est en effet seulement disponible sur les téléphones nouvelle génération. 

"La tendance actuelle montre que ce sont les téléphones qui deviennent les outils de prédilection de la production en masse de photos", note ZDnet.com. L'immédiateté est reine : avec Instagram, il est désormais possible de capter quelque chose dès qu'on le voit. Et de le partager aussi rapidement. 

2. Ne pas perdre la face dans le domaine des photos

L'idée a beaucoup plu aux accros de l'iPhone et autres smartphones. Ainsi, 550 jours après sa sortie, Instagram compte déjà 30 millions d'utilisateurs. Quelques heures après sa mise à disposition sur Android, le 3 avril, un million de téléchargements avaient été effectués. Cette impressionnante progression avait de quoi inquiéter Facebook. "Les photos sont l'application la plus utilisée sur Facebook, elles sont essentielles (...) et Facebook ne voulait pas perdre sa domination" dans ce domaine, estime l'analyste spécialiste des médias sociaux Lou Kerner, cité par l'Agence France-Presse. 

3. Assurer ses arrières

Autre argument, et non des moindres : la peur qu'Instagram passe dans le giron de Twitter ou Google, principaux adversaires de Facebook. En rachetant ce service, Mark Zuckerberg leur coupe donc l'herbe sous le pied. Le magazine L'Expansion, citant la presse étrangère, note même que la somme décidée "pourrait être le résultat d'une lutte d'enchères opérée en coulisses" avec le géant Google. 

4. Eviter d'être taxé de ringard

"Les entreprises deviennent paranoïaques à l'idée de rater quelque chose", constate Chris O'Brien, le blogueur de Silicon Beat (article en anglais), cité par l'Agence France-Presse. Selon lui, "nous allons vers une course à l'armement dans le monde des applications mobiles (...) Cela rendra très riches de jeunes entrepreneurs et offrira des retours rapides sur investissement à des capital-risqueurs chanceux. Mais que cela ait économiquement un sens, eh bien, c'est le genre de question qu'il ne vaut mieux pas trop poser."