Ikea France, dont la réputation a été sérieusement entachée par un scandale de surveillance illégale de salariés et de clients, veut tourner la page. Le directeur général de la filiale hexagonale a annoncé jeudi 28 juin la mise en place d'un "code de conduite", d'un "département gouvernance et conformité" et d'un "comité d'éthique" consultatif, censés tirer les leçons de cette affaire.

Sous le coup d'une enquête préliminaire du parquet de Versailles pour "utilisation frauduleuse de données personnelles", Ikea France dit "faire confiance à 100% à la justice pour faire toute la lumière" sur l'affaire, et reconnaît une part de responsabilité : "On n'a pas adapté notre façon de travailler, notre gouvernance" à l'expansion du groupe en France.

"De la poudre aux yeux", selon les syndicats

Le code de conduite est un catalogue de principes. Parmi ceux-ci figurent le refus de la corruption, le respect de la vie privée ou encore la non-discrimination, et les règles qui en découlent : ne pas insulter les collaborateurs ni faire de cadeaux à des relations d'affaires, par exemple.

Il a déjà été communiqué à plus de 1 000 managers et devrait être déployé auprès des 9 000 collaborateurs d'ici octobre.

Mais il ne convainc pas les syndicats, qui y voient de la poudre aux yeux plus qu'autre chose. "Le code de conduite a été ficelé par la direction, regrette Marylène Laure-Douilly, de la CGT. Les organisations syndicales ont été 'squeezées' de sa préparation alors qu'il s'agissait d'un engagement de la direction." Les mesures annoncées sont "de la poudre aux yeux pour éteindre le feu médiatique", dénonce pour sa part Hocine Redouani, le délégué syndical FO.