Deux Français sur trois ont une mauvaise opinion des syndicats

Six sur dix (59%) ne leur fait pas confiance pour "défendre les intérêts des salariés", selon un sondage publié dans "Le Parisien - Aujourd'hui en France".

Dans une manifestation contre l'austérité, le 9 avril 2015 à Paris.
Dans une manifestation contre l'austérité, le 9 avril 2015 à Paris. (CITIZENSIDE / JALLAL SEDDIKI / AFP)

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Je t'aime moi non plus. Les syndicats sont mal-aimés des Français, mais sont pourtant jugés utiles, selon un sondage Odoxa publié dimanche 28 février dans Le Parisien - Aujourd'hui en France. Deux tiers des sondés (65%) ont "une mauvaise opinion des organisations syndicales en général". Six sur dix (59%) ne leur font pas confiance pour "défendre les intérêts des salariés".

Sans surprise, le jugement est bien plus sévère chez les sympathisants de droite (hors FN) interrogés. 81% d'entre eux disent avoir une "mauvaise opinion" des syndicats, soit plus que chez les sympathisants de gauche (56% d'opinions favorables). Chez les sympathisants du Front national, près de sept personnes sur dix déclarent avoir une mauvaise opinion des organisations syndicales.

Des syndicats jugés "trop politisés" mais "utiles"

La majorité du panel considère que les syndicats sont "trop politisés" (77%), "trop nombreux" (68%) et "éloignés des réalités du terrain" (59%), quand seulement 37% des sondés les jugent "représentatifs des salariés" et 26% "efficaces".

Malgré ces résultats, 56% des sondés les jugent "utiles". Le dialogue social entre les syndicats et le patronat s'avère "un atout" pour 40% des sondés. Pour près de 7 personnes sur dix, les syndicats doivent "aujourd'hui" privilégier "la recherche de solutions négociées et de propositions" plutôt que la "défense des droits des salariés par la lutte".

Pour la moitié des sondés, la réforme du droit du travail est "mauvaise pour les salariés"

Les principaux syndicats se sont réunis cette semaine en intersyndicale pour discuter du projet de loi El Khomri sur le droit du travail, ce qui n'était pas arrivé depuis 2013. Pour un peu plus de la moitié (52%) des personnes interrogées, c'est le signe que "cette réforme est fondamentalement mauvaise pour les salariés". Une opinion surtout partagée par les sympathisants de gauche (67%) et du Front National (62%), contre 30% chez les sympathisants de droite.

Près de sept sondés sur dix se disent par ailleurs "favorables" aux référendums d'entreprise prévus par le projet de loi en cas de négociations (salaires, horaires, temps de travail) bloquées entre les syndicats et la direction, dont 64% des sympathisants de gauche, 83% des sympathisants de droite et 61% de ceux du FN.

L'enquête a été réalisée en ligne le 25 février auprès d'un échantillon de 996 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.