ENTREPRISES - Près de quatre ans après sa création, le bilan du statut d'autoentrepreneur est loin d'être flatteur. Une étude de l'Insee, révélée par Les Echos et publiée par zonebourse jeudi 20 septembre, démontre, chiffres à l'appui, que si le régime a suscité l'engouement au départ, aujourd'hui il déçoit.

De moins en moins d'autoentrepreneurs

En 2009, première année pleine de mise en œuvre de ce statut, 328 000 personnes ont créé une autoentreprise. Deux ans plus tard, fin 2011, seuls 102 000 autoentrepreneurs sont toujours actifs économiquement, c'est à dire qu'ils dégagent au moins un euro de chiffre d'affaires par an. 

"Les autres ont soit cessé de déclarer du chiffre d'affaires, soit quitté le statut", notent Les Echos"Seule une petite majorité d'autoentrepreneurs 'actifs' a donc réussi à pérenniser son activité", analyse le quotidien économique.

Des revenus inférieurs au smic

Pire, les revenus des autoentrepreneurs sont "faibles", souligne l'étude. En 2009, ils s'élevaient en moyenne à 4 300 euros par an. "Trois fois moins que les créateurs d'entreprise 'classique'", relèvent Les Echos. Entre 2009 et 2011, seuls 79 000 autoentrepreneurs ont pu dégager un revenu positif de façon continue. Et, pour 90 % d'entre eux, ce revenu demeure inférieur au smic, au bout de trois ans.

"D'où l'utilité d'exercer une activité salariée en parallèle (un des objectifs de ce statut)", poursuivent Les Echos. C'était le cas de la moitié des autoentrepreneurs la première année d'existence du régime.

Un statut décrié

Depuis sa création, le régime d'autoentreprise s'est attiré les critiques des artisans, qui dénoncent "des distorsions de concurrence"Le gouvernement mène "une évaluation du dispositif", a indiqué début juin Sylvia Pinel, la ministre déléguée chargée de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme. Et "des ajustements seront apportés, une fois ses conclusions connues, et définis en concertation avec les organisations professionnelles représentatives", a précisé la ministre, citée par Le Parisien.

En avril, pendant la campagne présidentielle, François Hollande avait estimé que "des limites voire des dérives" étaient apparues. Il avait toutefois précisé qu'il ne souhaitait pas la suppression du régime de l'autoentreprise.