RER nouvelle génération : le "contrat du siècle" pour les sites français d'Alstom et de Bombardier

Le consortium Alstom-Bombardier a remporté mercredi le contrat portant sur la fourniture de 255 rames de RER nouvelle génération. Le montant total pourra aller jusqu'à 3,75 milliards d'euros.

Le site d\'Alstom au Creusot (Saône-et-Loire), en 2009
Le site d'Alstom au Creusot (Saône-et-Loire), en 2009 (JEFF PACHOUD / AFP)
Raphaël EbensteinRadio France

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C'est la fin d'un faux suspense. Le Syndicat des transports d'Île-de-France (Stif) a signé mercredi 11 janvier la commande de rames de RER nouvelle génération à un consortium formé par les entreprises Alstom et Bombardier. "La première tranche ferme de ce marché comprend la livraison de 71 rames pour un montant estimé à 1,55 milliard d'euros", annonce le communiqué du Stif. Selon les commandes optionnelles, Alstom et Bombardier pourront avoir à fournir jusqu'à 255 rames, pour un montant maximum d'environ 3,75 milliards d'euros. Ce "contrat du siècle" va directement profiter aux sites français des deux constructeurs.

Environ 70 rames à fabriquer chaque année

Alstom a obtenu l'équivalent d'environ 70% du contrat, ce qui inclut notamment la fourniture des blocs de traction et des moteurs. Bombardier a obtenu les 30% restants : la fourniture des voitures. Le choix de cette association entre le groupe français et son concurrent canadien a été motivé par leurs capacités industrielles. Les premières livraisons sont prévues pour 2021. Les deux constructeurs vont devoir tenir le rythme d'environ 70 fabrications de rames chaque année.

Pour Bombardier, les choses sont simples : son seul site français, celui de Crespin (Nord) va tourner à plein régime. C'est une aubaine pour les 2 000 salariés, qui redoutaient une forte baisse d'activité en cours d'année. 

De son côté, Alstom s'est engagé à faire travailler exclusivement ses usines implantées en France. C'est à Petite-Forêt (Nord), près de Valenciennes, que doit se faire l'assemblage des rames. Le site de Tarbes (Hautes-Pyrénées) s'occupera des blocs de traction. Celui d'Ornans (Doubs), des moteurs. Celui du Creusot (Saône-et-Loire), des chassis de bogies. Le site Alstom de Belfort n'est en revanche pas concerné, déjà "sauvé" par la commande controversée en octobre 2016 de quinze rames de TGV destinées à rouler à vitesse réduite sur la ligne Bordeaux-Marseille.