Il est venu à Florange (Moselle) pour "justifier les choix faits" et "faire une annonce". Accueilli par les sifflets de militants CGT, le président de la République a annoncé la création d'une "plateforme publique de recherche et de développement industriel pour la sidérurgie lorraine". C'est ce qu'il a indiqué lors d'une conférence de presse sur le site d'ArcelorMittal, jeudi 26 septembre, à l'issue d'une réunion avec les syndicats et la direction du groupe.

"Garantir l'indépendance de la sidérurgie française"

Le chef de l'Etat a évoqué un investissement de 20 millions d'euros dès 2014 dans ce projet qui vise à aider la sidérurgie lorraine. Le financement pourra monter jusqu'à 50 millions d'euros en fonction des projets. Pour François Hollande, la plateforme "a vocation à avoir des conséquences industrielles, de prendre tous les projets présentés pour assurer l'acier de demain".

"Cette plateforme est publique parce qu'elle vise à garantir l'indépendance de la sidérurgie française, a précisé le chef de l'Etat. Elle est également soucieuse de maintenir les savoir-faire, l'expérience, ce qui fait que la sidérurgie lorraine a pu avoir ce développement."

"Je viendrai chaque année à Florange"

Au cours d'une visite très contrôlée et lugubre selon notre journaliste présente sur place, François Hollande a défendu devant les salariés de Florange les choix faits par l'exécutif "dans l'intérêt" du site, même si ceux-ci n'avaient pas été "compris" ou "acceptés". Le chef de l'Etat a notamment évoqué le fait qu'il n'y ait eu "aucun plan social", ainsi que "les 180 millions d'euros d'investissements" que le groupe ArcelorMittal "a fini par consentir". Il a aussi cité "ce projet important pour la recherche" visant à développer une technologie de production d'acier faiblement émettrice de CO2 baptisée Lis (Low Impact Steel).

Puis le chef de l'Etat a formulé un nouvel engagement pour donner des garanties aux employés du site. "Je viendrai chaque année à Florange pour m'assurer que ce centre public aura les résultats escomptés" et "pour veiller aux engagements qui ont été pris", a-t-il précisé. François Hollande a rappelé qu'il était venu sur le site en tant que candidat. Conscient de la déception provoquée par le non-respect de ses promesses électorales, il a tenu à rassurer : "J'aurai à cœur d'être chaque année à Florange pour évaluer et apprécier les engagements que j'ai pris devant vous", a-t-il conclu.

(FRANCE 2)

Du côté des syndicalistes, Edouard Martin, figure de la CFDT, parle d'un échange musclé. "Ca a été musclé, on s'est dit les choses fermement", a-t-il déclaré. Lionel Burriello, de la CGT, évoque lui une rencontre "satisfaisante sur la forme", mais s'inquiète de l'avenir du site : "on n'a toujours aucune garantie que Florange puisse être pérenne dans les années à venir".