Ils sont une cinquantaine d'ouvriers à avoir pris position vers 6h30 devant les trois entrées de l'usine ArcelorMittal de Florange, en Moselle. Depuis mercredi 27 juin, l'usine est entièrement bloquée par des métallos du site qui disent vouloir "maintenir la pression sur la direction", mais également "sur le ministre du Redressement productif", Arnaud Montebourg.

C'est la première fois depuis le début du conflit, fin février, que les trois portes de l'usine mosellane sont bloquées simultanément, à l'appel d'une intersyndicale CFDT-CGT-FO. Le mouvement devrait se poursuivre jusqu'à au moins 21 heures, a-t-elle indiqué. Selon Walter Broccoli, secrétaire général de FO ArcelorMittal Florange, c'est "l'été de tous les dangers" qui s'annonce. "Nous sommes réellement à la croisée des chemins : ou Mittal s'abstient de remettre en cause la viabilité du site, ou il annonce un plan social d'ici à la fin août."

Les syndicats demandent depuis février le rallumage des deux hauts-fourneaux de Florange, à l'arrêt depuis l'automne 2011. ArcelorMittal, qui a décidé récemment la fermeture définitive de hauts-fourneaux à Liège (Belgique) et Madrid (Espagne), assure qu'il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire rendue nécessaire par une demande d'acier insuffisante.

Montebourg en tournée européenne

Début juin, le ministre du Redressement productif avait mis en place une "mission d'expertise" sur Florange après une rencontre à l'Elysée entre le président François Hollande et des représentants syndicaux d'ArcelorMittal. Cette mission doit notamment analyser les perspectives du marché européen et mondial de l'acier et examiner les perspectives industrielles du site mosellan. Elle doit rendre ses conclusions d'ici au 31 juillet.

Arnaud Montebourg a commencé mardi une tournée des pays européens concernés par l'arrêt d'usines d'ArcelorMittal. Le ministre doit se rendre le 16 juillet au Luxembourg, puis en Espagne, en Allemagne et en Belgique. "D'ici là, nous nous serons rappelés à son bon souvenir", a lancé Edouard Martin, responsable CFDT. Une délégation de métallos doit se rendre mardi prochain devant l'Assemblée nationale, où le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, doit prononcer son discours de politique générale.