ArcelorMittal : un ancien sous-traitant affirme avoir déversé de l'acide dans la nature pendant des mois à Florange

Un ancien chauffeur de camion d'une entreprise sous-traitante de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) affirme avoir volontairement déversé de l'acide dans la nature pendant trois mois. 

Un ancien intérimaire d\'une entreprises sous-traitante pour ArcelorMittal à Florange affirme avoir déversé de l\'acide dans le crassier du site pendant trois mois. 
Un ancien intérimaire d'une entreprises sous-traitante pour ArcelorMittal à Florange affirme avoir déversé de l'acide dans le crassier du site pendant trois mois.  (PIERRE HECKLER / MAXPPP)
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Un ancien chauffeur de camion d'une entreprise sous-traitante de l'usine ArcelorMittal de Florange (Moselle) affirme lundi 3 juillet à France Bleu Lorraine Nord avoir volontairement déversé de l'acide dans la nature pendant trois mois. Cet homme, qui a été intérimaire dans l'entreprise, assure avoir utilisé le crassier, dépotoir de l'usine sidérurgique de l'entreprise, pour déverser des centaines de mètres cube d'acide de décembre 2016 à février 2017, au lieu de les recycler.

Tous les jours, le chauffeur transportait 24 m3 d'acide usagé qu'il devait "normalement amener dans un centre de recyclage à Malancourt-la-Montagne", explique l'ancien intérimaire qui a souhaité rester anonyme. "Mais on me disait de charger l'acide et d'aller au crassier, avec la complicité de salariés d'Arcelor qui me donnaient les bons" [de livraison]. Selon lui, ces bons "indiquaient seulement que c'était de la boue de fer ou de la boue d'épuration".

L'acide déversé directement en pleine nature

"À Florange, je me retrouvais dans un crassier à devoir brancher mes tuyaux et déverser mon chargement en pleine nature, directement au sol", explique le chauffeur.

Les rochers éclataient à cause de l'acidité du produit. Le soir, je rentrais avec les yeux rouges

Un ancien intérimaire d'une entreprise sous-traitante pour ArcelorMittal

à franceinfo

Normalement, cet acide aurait dû être recyclé dans une entreprise spécialisée. Mais cela coûte beaucoup plus cher. L'homme a fini par en parler à un pompier travaillant pour ArcelorMittal. Mais l'entreprise, ayant eu vent de cette confidence, a décidé de le licencier pour "rupture de discrétion commerciale". Le chauffeur est depuis au chômage

La Direction régionale de l'environnement (Dreal) a ouvert une enquête afin de vérifier la traçabilité des déchets de l'entreprise. ArcelorMittal assure qu'il n'y a "aucun risque environnemental ou sanitaire pour les populations" et que sa zone de stockage "est très encadrée et contrôlée au moins tous les ans par la Dreal." L'entreprise a ouvert une enquête alors que la CGT d'ArcelorMittal a réclamé une expertise indépendante.

Arcelor Mittal dénonce "le fait de personnes isolées"

De son côté, Arcelor Mittal a annoncé, dans un communiqué, envisager de déposer plainte. "Arcelor Mittal n’est en aucun cas à l’origine de prétendus déversements irréguliers et envisage de porter plainte", écrit le sidérurgiste sur son site internet.

"Si ces faits étaient avérés, ils seraient le fait de personnes isolées au sein d’Arcelor Mittal ou des entreprises sous-traitantes. Aucun risque sanitaire ni environnemental pour les populations n’est à signaler : il n’existe pas de rejet pouvant impacter les populations", ajoute l'entreprise.

Elle précise que "la zone de stockage de résidus du site Arcelor Mittal de Florange (autrefois appelée "crassier") est une Installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), encadrée par arrêté préfectoral." Selon elle, "la nature des résidus qui peuvent y être déposés et leurs conditions de stockage sont strictement définies par les textes." 

Toujours sur son site internetArcelor Mittal dit respecter "ces règles" et "contrôler rigoureusement" cette zone en collaboration avec les pouvoirs publics "qui mènent des inspections annuelles et peuvent procéder à des contrôles inopinés".