Le leader européen de la volaille bat de l'aile. Doux, qui emploie 3 400 personnes en France, a été placé à sa demande en redressement judiciaire pour six mois, vendredi 1er juin. La veille, le groupe français s'était déclaré en cessation de paiements auprès du tribunal de commerce de Quimper (Finistère). Le groupe connaît de graves difficultés avec, selon la CGT, une dette globale d'environ 437 millions d'euros.

Le gouvernement promet "des décisions"

"Des décisions vont être prises dans les jours ou les heures qui viennent", a aussitôt annoncé le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, sur le perron du ministère. "Nous sommes à pied d'œuvre avec Arnaud Montebourg [le ministre du Redressement productif] pour préserver les emplois en jeu", a-t-il ajouté, précisant qu'ils étaient "préoccupés par l'avenir de la filière". Et il y a de quoi : le groupe Doux travaille avec environ 800 éleveurs.

Le volailler a annoncé qu'il mettrait en place rapidement "un plan d'aide destiné aux fournisseurs stratégiques et aux éleveurs afin qu'ils ne subissent aucune difficulté".

L'entreprise "a un problème de financement, le gouvernement est à l'action pour mobiliser les banques pour éviter le dépôt de bilan, a pour sa part indiqué le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, sur BFMTV. On ne veut renoncer à rien, on fait tout pour qu'il n'y ait pas de dépôt de bilan."

La priorité : la sauvegarde des emplois

Connu pour sa marque "Père Dodu", le groupe a mené cette semaine à Paris des négociations avec ses créanciers, dont la banque d'affaires Barclays, pour trouver un compromis sous l'égide du ministère du Redressement productif. Un administrateur judiciaire a notamment été nommé et assistera la direction "dans la mise au point d'un plan de continuation en France, privilégiant l'emploi et la pérennité de l'entreprise", a indiqué Doux dans un communiqué.

"Le ministère du Redressement productif s'est mobilisé sans relâche pour trouver une solution équilibrée permettant le maintien de l'activité du groupe et la sauvegarde de ses 4 000 emplois", selon le communiqué. "Charles Doux a pris la décision personnelle de refuser cette solution qui garantissait l'apport de 35 millions d'euros au groupe. (...) Cette décision relève de sa seule responsabilité", poursuit-il.

Jean-Charles Doux, directeur général délégué et fils de Charles Doux, a expliqué que les plans de refinancement proposés "reposaient sur des solutions à court terme qui n'offraient pas de garanties suffisantes sur la continuité et la préservation des intérêts régionaux historiques du groupe", dans un autre communiqué. Selon ce dernier, le redressement judiciaire sera l'occasion pour le volailler de "mettre au point un nouveau plan d'affaires centré sur ses activités françaises", détaille Doux, qui précise que "les autorités publiques déploient tous leurs efforts pour que la procédure qui s'ouvre, essentiellement technique et liée au niveau d'endettement, n'affecte pas ses opérations."