Paris plages : le bassin de la Villette pris d'assaut pour le premier jour d'ouverture

Le bassin de la Villette, à Paris, est officiellement ouvert à la baignade depuis lundi après-midi. Les trois piscines installées dans le canal ont été prise d'assaut dès le départ.

Les trois piscines aménagées dans le bassin de la Villette ont été prises d\'assaut dès leur ouverture, lundi 17 juillet, à Paris. 
Les trois piscines aménagées dans le bassin de la Villette ont été prises d'assaut dès leur ouverture, lundi 17 juillet, à Paris.  (SEBASTIAN KUNIGKEIT / DPA)
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Jérôme JadotfranceinfoRadio France

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Le bassin de la Villette a officiellement ouvert ses portes aux baigneurs, lundi 17 juillet à Paris. Trois piscines ont été aménagées dans le canal pour permettre aux parisiens et aux touristes de piquer une tête, alors que le mercure s'envole en ce milieu du mois de juillet. Mais le dispositif, victime de son succès, a tout de suite été pris d'assaut. 

"Ouvrez-nous la porte !", scandent des adolescents le long de la palissade en bois installée autour du bassin de la Villette. Ils perdent un peu patience. "On est là depuis 11 heures, ils nous ont dit que ça allait ouvrir à 11h et ça ouvre à 15 heures finalement", déplore l'un des jeunes garçons. Derrière eux, la queue s'étend sur une centaine de mètres. Elle est composée de beaucoup de riverains de ce quartier resté en partie populaire. Une fois les sacs fouillés, les parisiens et les touristes se ruent sur les transats avant de se jeter d'un un des trois bassins aménagés dans le canal : ils font 2 mètres, 1 mètre 20 ou 40 centimètres de profondeur. 

Des poissons et des algues pour invités surprises

Norine, 6 ans, a choisi le moins profond des trois bassins. La petite fille apprécie la baignade : "C'est bien", sourit-elle. Avec une nuance tout de même : "Il y a des poissons (...), des gros et des petits. Il y en a un qui m'a fait des guilis". Norine déplore aussi la température de l'eau, "un peu froide" à son goût. Plus loin, un autre baigneur est victime de chatouille : c'est Paul, qui malgré la douche, emporte avec lui quelques algues accrochées à son caleçon. Cet invité surprise lui gâche un peu son plaisir. "C'est moins fun et c'est un peu filandreux." Le jeune homme a plutôt l'impression d'avoir pris "un bain de cheveux". 

Ces désagréments ne sont pas ressentis dans tous les bassins puisqu'il y a des filtres censés arrêter les objets flottants et les êtres vivants. En revanche, pas de traitement, ni chimique ni biologique. En effet, selon la mairie de Paris, le taux de bactéries est en deça des seuils limites depuis deux ans. Cette baignade urbaine sonne donc comme un retour aux sources pour Hugo, un médecin de 31 ans. "On a une sensation de liberté !" apprécie-t-il. "Les gens sourient, ça crée une ambiance très sympa." Il ajoute : "On pourrait dire qu'on se baigne déjà au coeur de la ville dans les piscines mais là c'est sûr que ça a un parfum un peu plus sauvage. On a l'impression de retrouver un peu la nature dans la ville, c'est chouette !" 

Vers l'ouverture d'autres cours d'eau au public

Retrouver la nature dans la ville, c'est ce que demande depuis longtemps le collectif Laboratoire des baignades urbaines expérimentales. "On a été des centaines à se baigner et on n'a jamais eu une seule gastro entérite !", assure l'un de ses membres, Jérémy Landes. "On n'a jamais eu de problèmes de peau ou de mycoses." Celui qui fait trempette en toute illégalité dans le canal depuis cinq ans dénonce un autre problème.

Le pire qui nous soit arrivé, c'est de s'écorcher les pieds sur le quai avec des bris de verre

Jérémy Lande, membre du Laboratoire des baignades urbaines expérimentales

à franceinfo

Jérémy Landes aimerait désormais que l'on puisse librement piquer une tête dans tous les cours d'eau du bassin parisien. Ce n'est pas encore à l'ordre du jour même si Jean-François Martins, adjoint aux Sports à la Ville de Paris, pense déjà à la Seine. L'aménagement serait fait "avec un travail qui est le même que celui qu'on a fait à la Villette", détaille l'élu. "Analyse de la qualité de l'eau, identification des sources de pollution, se demander où elles sont et comment on les traite, ensuite l'aménagement d'un lieu où on peut mettre en place une baignade." Avec une difficulté supplémentaire sur la Seine : le débit est plus important. "L'échéance, c'est 2024 pour le triathlon olympique et dès l'été 2025 pour les parisiens eux-mêmes", annonce l'élu. Avant cela, il y aura l'ouverture au public du lac Daumesnil d'ici 2019. Il ne sera pas de trop au vue du succès rencontré par le bassin de Villette, qui ne peut accueillir plus de 480 personnes à la fois.