Pour Jean-Jacques Urvoas, "il faut construire entre 10 000 et 16 000 cellules" dans les prisons françaises d'ici 2025

Le ministre de la Justice a dévoilé son plan pour lutter contre la surpopulation carcérale. 

L\'entrée principale de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 13 janvier 2015. 
L'entrée principale de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le 13 janvier 2015.  (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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En déplacement à la maison d'arrêt de Fresnes ( Val-de-Marne), le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a annoncé, mardi 20 septembre, qu'il fallait construire entre 10 000 et 16 000 nouvelles cellules d'ici 2025, pour en finir avec la surpopulation carcérale. L'objectif d'un prisonnier par cellule, inscrit dans la loi depuis 140 ans, n'a jamais pu être atteint. Pire, la surpopulation carcérale a battu un nouveau record à l'état 2016.  "Il faut construire des cellules, pas des places de prison", a ajouté Jean-Jacques Urvoas. 

Selon le ministère de la Justice, au 1er août 2016, 44 355 personnes sont écrouées dans les 120 maisons d'arrêt française, pour un total de 31 636 places disponibles, soit une densité carcérale de 140%. A Nîmes (Gard), Fontenay-le-Comte (Vendée), La Roche-sur-Yon (Vendée) ou Bordeaux (Gironde), cette densité dépasse même les 200%.

Objectif : 80% de cellules individuelles

D'après Jean-Jacques Urvoas, il faudra construire entre 10 309 et 16 143 nouvelles cellules d'ici au 1er janvier 2025 pour permettre la généralisation de l'encellulement individuel dans les prisons. Parmi ces cellules, 800 à 1 500 seront des cellules doubles, selon le rapport du ministre qui juge indispensable de maintenir des cellules collectives pour les détenus qui le souhaitent ou en raison de nécessités (prévention du suicide, organisation du travail...). L'idée étant de disposer à terme de prisons françaises comportant 80% de cellules individuelles.

Pour Jean-Jacques Urvoas, un accent particulier devra être mis sur les maisons d'arrêt, où sont détenues des personnes non-jugées définitivement et des condamnés à des peines n'excédant pas deux ans, qui connaissent le surpeuplement le plus fort. Entre 9 481 et 14 666 cellules individuelles supplémentaires devront y être construites. Manuel Valls a de son côté cité le chiffre de 10 000 places à construire dans les dix prochaines années et évoqué un budget de 3 milliards d'euros pour ce faire.

Une enveloppe d'1,1 milliard d'euros

Pour tenir cette feuille de route, Jean-Jacques Urvoas a annoncé qu'il réclamerait 1,1 milliard d'euros dans le projet de loi de finances pour 2017 afin d'engager les premiers travaux de rénovation et construction d'établissements pénitentiaires.

Un budget qui doit servir à financer la construction de 4 355 places en maisons d'arrêt à Paris, en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, en Midi-Pyrénées et dans le grand-Ouest, pour une enveloppe de 900 millions d'euros. Il permettra également la création de 2 513 places dans des quartiers de préparation à la sortie (QPS) pour 230 millions. Ce dernier programme comprend la requalification de douze quartiers existants et la création de seize nouvelles structures.