Déradicalisation : Sonia Imloul condamnée à 4 mois de prison avec sursis pour détournement de fonds publics

L'ancienne responsable d'une cellule de déradicalisation, Sonia Imloul, a été condamnée, lundi, par le tribunal correctionnel de Paris, à quatre mois de prison avec sursis et 25 000 euros de dommages-intérêts pour détournement de fonds publics.

Un relief représentant le blason de la Justice et sa balance, le 17 octobre 2011 au Palais de justice de Paris. 
Un relief représentant le blason de la Justice et sa balance, le 17 octobre 2011 au Palais de justice de Paris.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)
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franceinfoRadio France

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Sonia Imloul, ancienne responsable d'une cellule de déradicalisation, a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris, lundi 13 mars, à une peine de quatre mois de prison avec sursis, a appris franceinfo. Sonia Imloul a été reconnue coupable de détournement de fonds publics. Elle devra également verser près de 25 000 euros de dommages-intérêts. Les fonds lui avaient été accordés pour dissuader des jeunes de partir en Irak ou en Syrie. 

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du procureur. Ce dernier avait demandé une peine de 20 000 euros d'amende. Sonia Imloul a été l'une des premières figures médiatisées à la tête d'une association de lutte contre la radicalisation.

Une "mythomane", selon le procureur

A la barre, Sonia Imloul, ses longs cheveux blonds noués en queue de cheval et retenus par un bandeau noir, reconnaît qu’elle a falsifié son RIB, pour pouvoir empocher les 60 000 euros que l’Etat croyait verser à son association de lutte contre la radicalisation. "J’avais de grosses difficultés personnelles", se justifie-t-elle. Elle était alors au RSA, avec un interdit bancaire. "Je n’ai jamais su gérer", avoue-t-elle.

Mais Sonia Imloul affirme que l’argent détourné n’a fait que transiter sur les comptes de son ex-mari et de sa mère, et qu’il a finalement servi à sa Maison de la prévention et de la famille. En 2014 et 2015, elle accueillait des familles dont les enfants se radicalisaient, ou étaient même déjà partis en Syrie.

Sur le banc des parties civiles, Julien Revial, jeune étudiant, explique qu’il a travaillé un an pour Sonia Imloul, et qu'elle ne l’a jamais payé. Il raconte les douze visages de sa patronne, qui se disait tantôt psychologue, tantôt avocate, et montrait même une carte de police à certaines familles. "Elle est une mythomane, tempête le procureur, et ce qui est lamentable c’est que des gens aient pu croire qu’elle allait les aider."

Des membres de l'association "roulés dans la farine"

Valérie de Boisrolin y a cru. Cela fait trois ans que cette maman se bat pour faire revenir sa fille de Syrie. A la barre, elle raconte comment elle a lâché son poste de fonctionnaire pour travailler avec Sonia Imloul et comment elle a été "roulée dans la farine". "L'association a fermé, les familles se sont retrouvées sur le trottoir, quand vous avez déjà perdu un enfant, comment vous pouvez faire confiance une fois que vous êtes passée entre les mains de Sonia Imloul ?", demande-t-elle, au bord des larmes.

Sonia Imloul a donc été condamnée par le tribunal correctionnel à quatre mois de prison avec sursis et à 25 000 euros de dommages-intérêts à payer aux parties civiles, pour les préjudices matériel et moral. Etonnamment, l'Etat ne s'était pas constitué partie civile. L'Etat a pourtant été montré du doigt durant le procès pour avoir si légèrement confié des subventions à Sonia Imloul, qui était déjà connue des services de police pour cinq ou six vieilles affaires d'escroquerie.