"Air Cocaïne" : "La République dominicaine veut se venger de Christophe Naudin", selon son avocat

Après avoir fait évader les pilotes français Pascal Fauret et Bruno Odos, condamnés en République dominicaine, le criminologue Christophe Naudin était sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Arrêté au Caire début février, il attend la décision de l'Egypte sur son sort.

Christophe Naudin, criminologue et spécialiste en sécurité aérienne, en novembre 2015 à Paris.
Christophe Naudin, criminologue et spécialiste en sécurité aérienne, en novembre 2015 à Paris. (FRANCE 2 / FRANCETV INFO)

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Il attend d'être fixé sur son sort. Depuis le 4 février, le criminologue français Christophe Naudin est détenu dans une prison du Caire, arrêté par la police égyptienne en vertu d'un mandat d'arrêt lancé par la République dominicaine. Sa faute : avoir organisé, en octobre 2015, l'évasion de Pascal Fauret et Bruno Odos, deux pilotes français condamnés pour trafic de drogue dans l'affaire "Air cocaïne".

"Ses conditions de détention sont très difficiles, mais Christophe Naudin est en bonne santé et combatif", assure son avocat, Me Martin Reynaud, qui vient de rencontrer son client au Caire. 

"Les accusations dominicaines sont absurdes"


"Christophe Naudin n’a jamais nié être à l’origine de cette opération d’exfiltration. C’est l’unique raison pour laquelle il a été arrêté, et certainement pas pour sa participation au trafic, insiste Me Reynaud. Les pilotes étaient en résidence surveillée, et attendaient l’appel de leur jugement. N’étant pas détenus, ils ne se sont pas évadés. Les accusations de la justice dominicaine sont donc absurdes."

"Les deux chefs d’accusation sont factices, poursuit l’avocat. On veut poursuivre mon client pour "traite d’êtres humains" et  "trafic illicite de migrants". C’est tout ce que la justice dominicaine a trouvé. C’est aberrant. Cela ne traduit qu’une seule chose : une volonté manifeste de vengeance de la part des autorités dominicaines."

Pour les Dominicains, "le dossier relève de la seule justice"

Par son ambassade à Paris, la République dominicaine explique que "le gouvernement n'a donné aucune instruction particulière par rapport à ce dossier qui relève de la seule justice".

Jeudi 18 février, l'expert en sûreté aérienne avait à nouveau rendez-vous avec la justice égyptienne. Les juges du Caire devaient se prononcer sur la demande d’extradition faite par la République dominicaine, soit en la rejetant, soit en laissant un délai supplémentaire aux Dominicains pour motiver leur demande. Ils se sont accordé un délai pour prendre leur décision.