Adidas, Nike et Puma, à la recherche d'une main-d'oeuvre toujours moins cher

Le salaire d'un ouvrier du textile représente aujourd'hui moins de 2 % du coût de fabrication d'un maillot de sport. Mais c'est encore trop pour les équipementiers, qui quittent la Chine pour des pays plus pauvres comme le Cambodge, l'Indonésie ou le Vietnam.

Des professeurs et étudiants chinois manifestent pour le respect des droits des travailleurs dans les usines Adidas, Nike et Timberland, le 24 avril 2014 à Honk Kong.
Des professeurs et étudiants chinois manifestent pour le respect des droits des travailleurs dans les usines Adidas, Nike et Timberland, le 24 avril 2014 à Honk Kong. (ALEX HOFFORD / MAXPPP)
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Sophie AuvignefranceinfoRadio France

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La finale du mondial de Handball qui se joue dimanche 29 janvier est un gros enjeu pour l'équipe de France, mais aussi pour Adidas. La marque allemande est le sponsor des Bleus et du championnat tout entier. Pourtant, à l'autre bout de la chaîne, les ouvriers qui travaillent pour ces équipementiers n'arrivent toujours pas à vivre de leurs salaires.

C'est pour dénoncer cette injustice que le collectif Éthique sur l'étiquette mène samedi 28 janvier une action devant un magasin Adidas. Car, dans le coût d'un maillot de handball ou de football, les salaires ne pèsent pas lourd. Cela représente 1 ou 2 % du prix d'un maillot de 85 euros, soit 60 centimes de salaire versés aux ouvriers.

60 centimes, c'est encore trop pour les équipementiers Nike, Puma ou Adidas, qui quittent la Chine pour le Cambodge, l'Indonésie, le Vietnam, des pays un peu moins cher, avec des ouvriers plus pauvres.

Aucune transparence

Dans cette course au moins disant salarial, Adidas n'est pas le pire, selon le collectif Éthique sur l'étiquette. "Le dialogue est enclenché avec Adidas. C'est la seule marque qui a accepté parmi les trois que nous avons interpellées", explique Nayla Ajaltouni, la coordinatrice du collectif. 

Mais sur la question des salaires, l'équipementier en reste malheureusement à de simples déclarations : "Adidas nous indique que dans plusieurs de ses usines les salaires sont bien au-dessus du salaire minimum. Nous attendons - la société civile, les travailleurs mais aussi les consommateurs - que ces déclarations puissent être étayées de chiffres, de faits", ajoute la coordinatrice.

[Nous demandons des preuves à Adidas], surtout lorsqu'on sait que cette entreprise réalise des milliards d'euros de chiffre d'affaire.

Nayla Ajaltouni, du collectif Ethique sur l'étiquette.

En France, les grands groupes ne devraient plus pouvoir fermer les yeux. Avec la loi sur le devoir de vigilance votée en février prochain, en cas d'atteinte aux droits fondamentaux, à l'environnement, un juge pourra obliger les entreprises à s'expliquer sur ce que font ces entreprises ou leurs filiales et leurs sous-traitants.