Souvenez-vous, avant internet, nous posions nos questions débiles aux bibliothécaires

Le compte Instagram d'une bibliothèque new-yorkaise publie chaque semaine une question posée par un visiteur, bien avant l'existence des moteurs de recherche. Un puits de curiosité sans fond. 

Des passants installés sur les marches de la New York Public Library, le 18 mai 2015. 
Des passants installés sur les marches de la New York Public Library, le 18 mai 2015.  (BRYAN BEDDER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

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"Les Misérables, c'est Hugo ou Zola ?", "il est mort à quel âge Kubrick ?", "ça se reproduit comment les dauphins ?", "et les tomates, c'est un fruit ou bien ?" Notre quotidien est fait de questions pas toujours très inspirées, que nous avons pris l'habitude de poser à un moteur de recherche. Mais avant la création d'internet et des téléphones portables, ces requêtes parfois farfelues parvenaient aux bibliothécaires, rappelle The Independant (en anglais).

Le quotidien britannique a publié, dimanche 17 janvier, un article en hommage à une initiative joliment rétro de la New York Public Library (NYPL) : depuis 2014, ce réseau de bibliothèques publie sur un compte Instagram, au rythme d'une par semaine, les questions les plus étranges posées à ses employés à l'ère pré-numérique, via le hashtag #letmelibrarianthatforyou. Traduire : "laisse-moi 'bibliothéquer' ça pour toi", parodie du verbe "googler". 

Pourquoi tant d'écureuils chez les peintres anglais ? 

"Est-ce que Platon, Aristote et Socrate ne sont qu'une seule et même personne ?" a ainsi cherché à savoir un usager en novembre 1950. "Pourquoi les tableaux anglais du XVIIIe siècle représentent-ils tant d'écureuils, et comment ces derniers étaient-ils dressés pour ne pas mordre le peintre ?" s'est inquiété un autre visiteur (excellente question, cela dit). "Si l'Empire State Building est l'immeuble le plus haut du monde, quel est le plus petit ?" s'est encore enquis un fan d'architecture dans une question non datée. 

"Why do 18th century English paintings have so many squirrels in them, and how did they tame them so that they wouldn't bite the painter?" #letmelibrarianthatforyou

Une photo publiée par The New York Public Library (@nypl) le

"If the Empire State Building is the highest building in the world, what is the smallest?" We're not sure this person would be able to handle today's buildings. #letmelibrarianthatforyou

Une photo publiée par The New York Public Library (@nypl) le

"Quel genre de pomme Eve a-t-elle mangé ?" a enfin demandé, par téléphone, un amateur de fruits et d'exégèse en septembre 1956. 

Encore 1 700 questions enregistrées par mois

Interrogé par le site Mental Floss (en anglais) en décembre 2014, Morgan Holzer, qui travaille à la NYPL, rappelait qu'à l'époque, "si vous cherchiez par exemple à connaître la route migratoire d'une espèce d'oiseau, vous deviez mettre la main sur une encyclopédie et, comme elles étaient chères, vous alliez à la bibliothèque. Une fois sur place, il y avait une personne à qui vous pouviez poser votre question et qui était formée pour vous donner, sinon la réponse, du moins un moyen de l'obtenir", explique-t-il. 

Ainsi, en 2014, la bibliothèque enregistrait encore 1 700 questions par mois (en éliminant les questions relatives au fonctionnement de la bibliothèque elle-même). Morgan Holzer en citait quelques-unes, dont celle-ci, assez pointue : "Les fruits et légumes vendus dans les supermarchés américains sont-ils fertilisés avec des excréments humains ?"

Quant aux moteurs de recherche, ils répondent à des demandes pas moins loufoques, comme le rappelait ce sketch de 2014 du site College Humor intitulé : "Et si Google était un mec ?" (en anglais).