Paris : l'artiste russe Piotr Pavlenski met le feu à une succursale de la Banque de France

Deux personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue après cette action. 

L\'artiste russe Piotr Pavlenski, le 8 octobre 2016 à Paris.
L'artiste russe Piotr Pavlenski, le 8 octobre 2016 à Paris. (MARTINI VIRGILIO/SIPA)
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Il était 4h10 lorsqu'il est passé à l'action, selon la photographe qui a immortalisé la scène. L'artiste contestataire russe Piotr Pavlenski a mis le feu à la façade de la succursale de la Banque de France située près de la place de la Bastille, à Paris, tôt lundi 16 octobre. La photoreporter précise dans son tweet que l'homme a ensuite été arrêté par la police.

Contactée par franceinfo, la préfecture de police de Paris a confirmé que deux personnes avaient été interpellées et placées en garce à vue, sans donner leur identité. Une source judiciaire a précisé à franceinfo qu'il s'agissait d'un homme et d'une femme qui devaient répondre des faits de "dégradations volontaires de biens par l'effet d'une substance incendiaire" et qu'une enquête avait été ouverte, confiée à la Sûreté territoriale.

La banque, "un nouveau foyer d'esclavage"

La Banque de France a annoncé pour sa part à franceinfo qu'elle "va porter plainte". Le sas de sa succursale ayant été endommagé par les flammes, l'établissement ne pourra rouvrir "jusqu'à nouvel ordre".

Piotr Pavlenski dit avoir voulu agir contre "un nouveau foyer d'esclavage", d'après le texte diffusé sur Twitter par la militante Femen Inna Shevchenko. "La Banque de France a pris la place de la Bastille, les banquiers ont pris la place des monarques", explique l'artiste, avant de prophétiser : "La renaissance de la France révolutionnaire déclenchera l'incendie mondial des révolutions."

Piotr Pavlenski est arrivé en France, à Paris, avec sa compagne Oksana Chaliguina et leurs deux enfants en janvier et a obtenu le statut de réfugié politique en mai. L'artiste trentenaire s'est rendu célèbre pour avoir arrosé d'essence et incendié les portes du siège de l'ex-KGB à Moscou et s'être cloué la peau des testicules sur les pavés de la place Rouge.

Il s'est aussi cousu les lèvres en soutien aux Pussy Riot, un groupe de militantes féministes condamnées à deux ans de camp pour avoir "profané" la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou au cours d'une "prière punk" qui critiquait ouvertement Vladimir Poutine, alors candidat à la présidentielle.