Education nationale : portrait sans concessions d’un "mammouth extrêmement malade"

"Et si on tuait le Mammouth?" C'est le titre d'un livre paru le 5 janvier aux éditions de l’Aube. Franceinfo a rencontré l'un des auteurs, Bernard Toulemonde, ancien haut-fonctionnaire du ministère de l'Education nationale.

Education nationale (photo d\'illustration)
Education nationale (photo d'illustration) (FRANÇOIS DESTOC / MAXPPP)
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Solenne Le HenCécile MimautRadio France

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Professeur agrégé de droit public, ancien haut-fonctionnaire et ancien recteur d'académies, Bernard Toulemonde co-signe avec Soazig Le Nevé, journaliste à la rédaction d'Acteurs publics, un pamphlet contre l’Education nationale. Et si on tuait le Mammouth ? Les clés (pour vraiment) rénover l'Education nationale est paru jeudi 5 janvier aux éditions de l’Aube. Dans ce livre, les auteurs dénoncent notamment une dégradation du niveau moyen de connaissance et de compétence des élèves au sein d’un système qui de surcroît est l'un des plus inégalitaires des pays de l’OCDE, comme la dernière enquête PISA l’a d’ailleurs confirmé.

Des enseignants comparés à "l’orchestre du Titanic"

"L’Education nationale est un mammouth hélas extrêmement malade", diagnostique Bernard Toulemonde. Et son livre n’épargne personne. Ni le ministère de l’Education nationale et ses ministres successifs qui refusent de réformer entièrement le système de peur de faire des vagues et qui préfèrent faire de la communication. Ni les professeurs qui ne se remettent pas en question et refusent toute réforme selon lui,  ni les syndicats qui sont des "machines à dire non" systématiquement.

Un portrait à la limite du cliché mais qui reflète, selon lui, "fortement la réalité même si, sur 860 000 enseignants, énormément d’entre eux veulent bien faire leur métier", souligne Bernard Toulemonde. "Au fond, ils sont un peu comme l’orchestre du Titanic. Ils font leur métier et ils jouent autant qu’ils peuvent et le mieux qu’ils peuvent et pendant ce temps-là le navire est en train de sombrer", poursuit-il.

L’intérêt des élèves n’est pas la priorité

"Le ministère n’est pas assez tourné vers ses usagers", estime l’ancien haut-fonctionnaire. "Il faudrait toujours faire prévaloir l’intérêt des élèves, Or ce n’est pas l’intérêt des élèves qui prévaut. Le ministère dialogue sans cesse avec les syndicats qui, d’une manière générale, font leur job", explique-t-il. Et chacun ainsi d’être accusé de défendre ses propres intérêts au détriment de l’éducation de nos enfants. L’Education nationale "oublie malheureusement les trois principes fondamentaux du service public", déplore Bernard Toulemonde, à savoir l’égalité des usagers, la continuité du service public et sa constance adaptation.

Rénover l’Éducation nationale par la base

"Il faut je crois rétablir un service public", poursuit le co-auteur de Et si on tuait le Mammouth ?, tout en rappelant que sous le quinquennat de François Hollande pas moins de trois ministres se sont succédés à l’Education nationale, avec la palme de la brièveté à Benoît Hamon qui n’est resté en poste que 147 jours. "Il faut arrêter ce système", alerte Bernard Toulemonde qui estime qu’il faudrait "donner beaucoup plus de pouvoir au niveau local, encourager les équipes éducatives à la base et donner de l’autonomie aux établissements de façon à ce qu’on réponde beaucoup mieux aux besoins des élèves".

Bernard Toulemonde, co-auteur du livre "Et si on tuait le mammouth", répond à Solenne Le Hen
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