"C'est totalement injuste" : étrillé par "La République du Centre", l'humoriste Vincent Dedienne se défend de tout parisianisme

Dans un billet d'humeur, un journaliste dénonce le mauvais traitement dont aurait été victime la presse locale lors de la couverture d'un spectacle de Vincent Dedienne à Pithiviers. Contacté par franceinfo, le comédien dément les faits qui lui sont reprochés.

Vincent Dedienne avant son spectacle \"S\'il se passe quelque chose\", à Bruges (Belgique), le 8 avril 2017.
Vincent Dedienne avant son spectacle "S'il se passe quelque chose", à Bruges (Belgique), le 8 avril 2017. (CONSTANT FORM?-B?CHERAT / HANS LUCAS)
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Margaux DuguetFrance Télévisions

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"Vincent Dedienne est un humoriste à la mode". Ainsi débute un billet d'humeur intitulé "Une photo du spectacle et puis, c'est tout" et publié par La République du Centre en guise de compte-rendu d'un spectacle de l'humoriste à Pithiviers (Loiret), vendredi 22 septembre. Le journaliste Stéphane Boutet y raconte les difficultés des journalistes locaux pour couvrir la représentation. En plus de ne pas pouvoir interviewer l'humoriste avant le spectacle, il aurait également fait face à son entourage, qui aurait demandé à relire l'article avant publication. Le quotidien régional reproche aussi à Vincent Dedienne un trait d'humour le matin même sur Europe 1. "Vous vous produisez ce soir à Pithiviers ? ", lui demande-t-on. "Oui, c'est folichon", répond-t-il. 

Il n'en fallait pas plus pour que certains s'indignent, sur les réseaux sociaux, de ce manque apparent de considération. "Vincent Dedienne qui dit que Pithiviers est folichon ? C’est qui ce monsieur ?", écrit un internaute"Encore un qui a la grosse tête avant même d’avoir fait ses preuves... Il y en a tellement sur la scène humoristique nationale !", commente un autre. Contacté par franceinfo, Vincent Dedienne dément point par point les reproches qui lui sont adressés. "Ça me rend triste cette micro-polémique, parce que c'est totalement injuste et que tout le monde la relaye sans vérifier l'info", explique-t-il. 

"C'est absolument faux"

"Personne dans mon équipe n'a jamais demandé à relire un papier, c'est absolument faux", assure d'abord l'artiste. Concernant les photos, "la consigne est la même partout, à Paris comme en région : elles sont autorisées à la fin du spectacle", dit-il. "Si j'ai dit 'folichon' sur Europe 1, c'était pour faire écho à Laurent Cabrol qui venait d'employer ce mot rigolo dans sa méteo pour parler de je ne sais plus quelle ville. C'était juste un clin d'œil", poursuit-il. 

Quant à l'accusation dissimulée de parisianisme, c'est si peu mérité : je suis provincial moi-même, j'adore jouer en province (ma tournée de plus de 200 dates le prouve)

Vincent Dedienne, humoriste

à franceinfo

"J'ai même demandé à jouer dans des tout petits villages, parce que j'ai le souci de la décentralisation, valeur que j'ai apprise à l'école de la comédie de Saint-Etienne", ajoute-t-il. 

Un autre billet en préparation dans "Le Courrier du Loiret"

Contacté par franceinfo, Stéphane Boutet maintient ce qu'il a écrit. "Le billet est parti du problème de la relecture, c'est la première fois qu'on me demande de relire mon papier", explique-t-il. "En plus, j'aime bien Vincent Dedienne, mais le problème c'est pour les lecteurs, il est hors de question qu'on relise un texte, c'est pour ça qu'on n'a donné qu'une photo", insiste-t-il. 

Une autre journaliste confirme sa version. Camille Coelho, qui officie au Courrier du Loiret, était elle aussi présente au spectacle vendredi. "L'administrateur de la tournée nous a fixé trois règles : pas de photos pendant les trois premières minutes car il est nu, OK, pas de flash, OK, et on doit relire l'article, relate-t-elle. J'ai dit non, et je suis tout de suite partie." Comprend-elle le billet d'humeur de son confrère ? "Bien sûr, et je vais faire le même jeudi dans Le Courrier du Loiret car nous sommes un hebdomadaire", annonce-t-elle à franceinfo. Une chose est sûre : Vincent Dedienne n'a pas perdu son humour. "N'oubliez pas de m'envoyer l'article, pour que je le valide !", nous lance-t-il à grands renforts de smileys à la fin de notre conversation.