Animaux dans les cirques : les établissements contre-attaquent et répondent aux associations qui réclament leur retrait

Un collectif de cirques a envoyé une lettre à Emmanuel Macron pour lui exprimer ses craintes quant à une interdiction des animaux dans les cirques. Entre "lobby animaliste" et "problème éthique", les pour et les contre se sont répondus sur franceinfo mercredi. 

Un dresseur avec des lions et des tigres lors d\'un numéro de cirque, le 21 mai 2017.
Un dresseur avec des lions et des tigres lors d'un numéro de cirque, le 21 mai 2017. (TIMOTHY A. CLARY / AFP)
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Les animaux vont-ils disparaître des numéros de cirque ? C'est ce que craint un collectif de cirques traditionnels, emmené par Christian Caffy, coordinateur de la Fédération des cirques de tradition et président de la Fondation Animaux Hors-Piste.

Le groupe a envoyé mercredi 16 août une lettre au président de la République, dans laquelle il exprime sa crainte de voir disparaître les spectateurs en même temps que les bêtes sauvages. "Nous sommes forcés de constater que lorsque les animaux sont absents des cirques, le public s'absente également." a attaqué Christian Caffy sur franceinfo.

Les "provocations" du ministre de la Transition écologique

Selon lui, "le cirque traditionnel qui présente des animaux [...] attire 13 millions de spectateurs par an", contre "un million de spectateurs" pour les "cirques contemporains". Le collectif fonde ses inquiétudes sur la récente interdiction d'animaux marins dans les delphinariums, ainsi que sur les déclarations du ministre de la Transition écologique. Nicolas Hulot s'était dit "pas favorable à la captivité d'animaux" et évoquait "des formes de cruauté communément admises" : une "provocation" pour Christian Caffy, qui rappellent que les établissements de spectacle "qui utilisent des animaux" sont "agréés par l'État."

"Ce n’est pas parce qu’une pratique est légale qu’elle est légitime." lui a répondu Franck Schrafstetter, président de l'association Code Animal, qui lutte contre l’exploitation des bêtes sauvages. "Un problème éthique" se pose pour lui, en plus de la question des "mauvais traitements", résultant de la captivité des animaux.

Un éléphant par exemple doit marcher 17 kilomètres par jour. Il a besoin d’un équilibre social avec 12 animaux. Aujourd’hui, aucun cirque ne peut proposer cela, et tous les animaux vont développer des troubles de comportements.

Franck Schrafstetter, président de l'association Code Animal

à franceinfo

Franck Schrafstetter a donné plusieurs exemples : "On va voir des éléphants qui se balancent une patte sur l’autre et des félins qui font des aller-retours incessants dans des cages. [...] Les animaux ont des besoins physiologiques qui correspondent à leur besoin naturel." a-t-il martelé. 

"Quand il [Franck Schrafstetter] nous parle de lions qui font des allers-retours incessants devant la cage, c'est qu'ils savent en général que l'heure du repas approche et qu'ils attendent avec impatience son morceau de viande." répond simplement Christian Caffy, du collectif des cirques traditionnels. 

 Vouloir libérer les animaux (…) c'est une grande rêverie, c'est une grande utopie.

Christian Caffy, coordinateur de la Fédération des cirques de tradition et président de la Fondation Animaux Hors-Piste.

à franceinfo

D'après lui, "des photographies d'éléphants prises dans la nature" montrent que les pachydermes "font exactement les mêmes mouvements" que dans leurs cages. Les professionnels ne feraient "que mettre en valeur les compétences naturelles de leurs animaux." 

Animaux dans les cirques : le débat entre Christian Caffy et Franck Schrafstetter sur franceinfo.
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