La bataille de Barack Obama pour fermer Guantanamo en neuf actes

Le président américain a promis qu'il allait fermer la prison avant la fin de son mandat. Mais il doit faire face à l'opposition du Congrès sur ce sujet.

Des manifestants devant la Maison Blanche, à Washington, militent pour la fermeture de la prison de Guantanamo, le 11 janvier 2016.
Des manifestants devant la Maison Blanche, à Washington, militent pour la fermeture de la prison de Guantanamo, le 11 janvier 2016. (MANDEL NGAN / AFP)
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Barack Obama tiendra sa promesse : il fermera la prison américaine de Guantanamo, sur l'île de Cuba. C'est ce qu'a annoncé, dimanche 10 janvier, le secrétaire général de la Maison Blanche, Denis McDonough. Alors qu'il reste encore 104 détenus dans la prison, le président américain a promis la présentation d'un plan au Congrès. Ce plan vient pourtant après de nombreuses années de lutte entre Barack Obama et le Congrès. Francetv info revient sur les grands épisodes de cette bataille. 

Janvier 2009, un décret pour la fermeture

Alors qu'il vient tout juste d'être élu président des Etats-Unis, Barack Obama signe un décret (PDF, en anglais) qui annonce la fermeture de la prison de Guantanamo dans un délai d'un an. Il s'agissait alors de la première étape d'une importante révision de la politique de sécurité américaine, "visant à marquer une franche rupture avec celle de George W. Bush", note Le Figaro.

Mai 2009, le Congrès vote contre

Rapidement pourtant, le Congrès empêche la fermeture de la prison. Le 20 mai 2009, les élus ont refusé à Barack Obama les 80 millions de dollars nécessaires au transfert des détenus, comme le raconte Le Monde. "La perspective de libérer les prisonniers et d'en voir certains relâchés aux Etats-Unis inquiète une partie de la majorité démocrate, qui y voit un véritable suicide électoral", expliquait alors le quotidien du soir.

Décembre 2009, les détenus transférés vers une prison de l'Illinois ?

Le président américain a alors tenté une autre approche. Abandonnant la fermeture de Guantanamo, Barack Obama a décidé de vider la prison en annonçant, à la fin de l'année 2009, l'achat du centre pénitentiaire Thomson, situé à l'ouest de Chicago, dans l'Illinois. "Sur les 210 individus détenus à Guantanamo, l'administration prévoit d'en libérer ou d'en extrader 116 vers leurs pays d'origine ou des pays tiers. Thomson est destiné à acceuillir le reste", précise L'Express.

Décembre 2010, le transfert de détenus de Guantanamo interdit

Pour contrer le chef de l'Etat, le Congrès vote, en décembre 2010, une loi interdisant le transfert des prisonniers de Guantanamo sur le sol américain. Les élus ont également durci les conditions de transfert vers des pays étrangers, comme le soulignait à l'époque le Huffington Post.

Mars 2011, Obama recule

Le président est donc obligé de reculer face aux Congrès. Il signe un décret (en anglais) annonçant le maintien à Guantanamo de 47 détenus "jugés trop dangereux pour être libérés, mais contre lesquels la justice manque de preuves", décrypte Le Monde. Il réussit pourtant à ne faire entrer aucun détenu de plus. "Le décret prévoit également la reprise des procès devant des tribunaux militaires", ajoute le journal.

Avril 2013, la grève de la faim des détenus

Au début de l'année 2013, une majeure partie des détenus entament une longue grève de la faim, pour dénoncer leur détention, sans inculpation ni procès. Une manifestation qui a reveillé les tensions. En effet, de nombreux appels ont alors été faits à Barack Obama afin qu'il tienne sa promesse de fermer la prison, alors que 166 détenus étaient encore entre ses murs, selon L'Express.

Mai 2014, le refus de lever l'interdiction

En mai 2014, le Congrès, alors à majorité républicaine, bloque une nouvelle fois les initiatives du président américain. A 247 voix contre 117, ses représentants rejettent un amendement à la loi militaire annuelle. Le texte devait lever l'interdiction de transfert sur le sol américain des détenus de la prison controversée et fermer la prison d'ici à 2017, explique Le Monde.

Le Congrès revoit cependant ses positions en décembre 2013 sur le transfert des détenus vers l'étranger. Assouplissant les conditions, quatre détenus ont été transférés de décembre à avril. Barack Obama a alors encouragé les élus à aller plus loin, lors du discours annuel sur l'état de l'Union, en janvier 2014, déclarant que 2014 devait "être l'année où le Congrès abroge les restrictions restantes sur le transfèrement de détenus et où nous fermons Guantanamo".

Janvier 2015, un nouveau plan d'attaque pour Obama

"Ces deux derniers mois, le gouvernement Obama a fait beaucoup plus pour atteindre son objectif de vider le centre de détention de Guantanamo que depuis 2009", explique le New York Times (en anglais) le 5 janvier 2015. Barack Obama aurait en effet accéléré les transferts, pour "qu'il ne reste que 60 à 80 détenus à Guantanamo, afin qu'il n'y ait plus aucun sens économique à maintenir le centre de détention ouvert", précise le quotidien américain. Ainsi, en 2014, selon le Courrier International28 détenus ont été transférés vers le Kazakhstan, la Géorgie ou encore l’Uruguay.

Janvier 2016, "Obama tiendra sa promesse"

Dimanche 10 janvier 2016, via le secrétaire général de la présidence américaine, Barack Obama assure qu'il tiendra sa promesse de fermer la prison de Guantanamo. Le communiqué annonce un plan prochainement présenté au Congrès, expliquant comment fermer la prison. "Il ressent une obligation vis-à-vis de son successeur. Il réglera la question, afin que le président suivant ne se retrouve pas placé devant les mêmes défis", a expliqué Denis McDonough.