"Le pape nous a dit de ne pas avoir honte de notre métier", raconte une agricultrice bretonne

Audrey Le Bivic a rencontré le souverain pontife mercredi avec des agriculteurs du syndicat European Milk Board. Elle raconte l'événement à francetv info.

Le pape François lors de l'audience générale du 27 janvier 2016, sur la place Saint-Pierre, au Vatican. 
Le pape François lors de l'audience générale du 27 janvier 2016, sur la place Saint-Pierre, au Vatican.  (MAXPPP)
Propos recueillis parFrance Télévisions

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Elle est rentrée fatiguée, mais heureuse. Audrey Le Bivic, agricultrice à Plouaret (Côtes-d'Armor), a rencontré le pape François, mercredi 27 janvier, lors de l'audience générale sur la place Saint-Pierre, au Vatican. Elle était en compagnie de deux cents autres agriculteurs, dont onze Français, membres du syndicat European Milk Board (EMB). A son retour, cette jeune femme d'une trentaine d'années raconte l'événement à francetv info.  

Francetv info : Avez-vous pu personnellement échanger avec le pape François ?

Audrey Le Bivic : Non, ce sont les cinq responsables du syndicat, dont un Belge et un Italien, qui se sont entretenus avec lui. Mais il était à trois mètres de moi ! Nous étions rassemblés sur la place Saint-Pierre, et il a fait un tour en papamobile parmi nous, pour toucher les gens, bénir les objets. Après, il a prononcé sa bénédiction depuis un autel installé à l'extérieur, puis il a reçu nos représentants. 

Qu'est-ce que cette rencontre a représenté pour vous, qui êtes croyante ? 

J'étais émue. J'aime beaucoup ce pape car il est plus jeune et il s'investit beaucoup dans ses missions. Ses discours touchent beaucoup le milieu agricole, car il est très sensible à la question de la nourriture et de la faim dans le monde.

Et sur le plan professionnel, qu'en avez-vous retiré ?  

Il nous a dit de continuer à y croire, de ne pas avoir honte de ce qu'on faisait, que notre métier était noble. Il a ajouté qu'il allait prier pour nous, et nous a demandé de prier pour lui et qu'ensemble on y arriverait. Pour lui, il est temps de trouver des solutions, et d'en finir avec ces fermes qui mettent la clé sous la porte.  

Qu'attendez-vous du pape, concrètement ? 

C'est un homme d'Etat, il a de l'influence. Jean-Paul II a bien réussi à faire tomber le rideau de fer ! Le pape François nous a dit qu'il allait étudier le dossier, et on sera attentifs à ses prochaines interventions. C'est un homme écouté, proche de la base, dont le discours est beaucoup plus noble que celui qu'on entend en France autour de l'agriculture. Ici, c'est la politique du profit qui prime.

Quelle est l'action du syndicat EMB ?

Il défend un projet de lait équitable, sous un label ("FaireFrance" pour l'Hexagone). L'EMB veut démontrer qu'il est possible de vivre de ses produits en régulant le marché. Nous avons d'ailleurs remis une bouteille de notre lait équitable au pape, ainsi qu'une lettre expliquant notre projet.