Salon de l'agriculture : "Nous sommes à la veille d'une véritable révolution agricole"

Une semaine avant l'ouverture du Salon de l'agriculture 2017, l'économiste Bruno Parmentier a évoqué dimanche les défis qui attendent le monde agricole. 

La vache de race Bretonne Pie Noir \"Fine\" est la mascotte du Salon de l\'agriculture 2017.
La vache de race Bretonne Pie Noir "Fine" est la mascotte du Salon de l'agriculture 2017. (LOIC VENANCE / AFP)
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Le Salon de l'agriculture ouvre ses portes le 25 février. À une semaine de son lancement, l'économiste Bruno Parmentier, ancien directeur de l’École supérieure d’agriculture d’Angers, est revenu pour franceinfo sur les enjeux de l'agriculture européenne. Elle serait prête à passer "d'un système de production tourné vers la quantité à bas prix, à un système tourné vers la qualité".

franceinfo : Ce salon 2017 sera-t-il un moment important de la campagne présidentielle ?

Bruno Parmentier : Tous les candidats vont venir faire des images ! Ce qui est navrant, c'est qu'il n'y a aucun débat sur l'avenir de l'agriculture, alors que ce secteur est fondamental en France. L'agriculture est confrontée à une concurrence internationale très forte, l'Europe lui retire son soutien, et l'élevage est dans une crise complète parce que dans le même temps, on consomme moins de viande et de lait. Il y a un énorme enjeu de passer d'un système de production tourné vers la quantité à bas prix, à un système tourné vers la qualité : une meilleure viande, en moins grande quantité, et vendue plus chère. Il faut faire avec la viande ce que l'on a fait pour le vin.

franceinfo : C'est un défi mondial : que pourra faire le ou la futur(e) président(e) de la République ?

Les décisions se font dans une Europe à 28, dans laquelle les seuls pays qui ont une appétence pour l'agriculture sont les pays latins : l'Espagne, la Grèce, l'Italie, le Portugal et la France. Cela ne fait pas une majorité. Nous avons perdu notre influence en Europe. Les ministres de l'Agriculture ont du mal à faire admettre qu'il faut soutenir l'agriculture. Elle est vue comme ringarde, alors qu'elle est à la veille d'un changement technologique absolument majeur : nous passons à une agriculture écologiquement intensive, basée sur une meilleure connaissance de la biologie des sols grâce aux capteurs, aux sondes. Avec ces outils, nous allons pouvoir traiter mètre carré par mètre carré, voire plante par plante. C'est une véritable révolution agricole qui doit être accompagnée : les enjeux du big data par exemple. Dans 20 ans, les agriculteurs devront-ils acheter les informations sur leurs champs à une multinationale américaine ?

"L'absence de débat sur l'agriculture, qui est à un tournant, est navrant" - Bruno Parmentier à franceinfo

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