Le cas de "vache folle" dans les Ardennes confirmé par le ministère de l'Agriculture, qui se veut rassurant

L'information a été communiquée jeudi. L'animal, âgé de 5 ans, appartenait à un élevage de 400 vaches Salers des Ardennes, dans le village de Givron.

L'animal contaminé par l'ESB appartenait à un élevage de 400 vaches Salers des Ardennes.
L'animal contaminé par l'ESB appartenait à un élevage de 400 vaches Salers des Ardennes. (MAXPPP)
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Les résultats sont tombés plus tôt que prévu. Le cas de "vache folle" dans les Ardennes a été confirmé par le ministère de l'Agriculture dans un communiqué, jeudi 24 mars. Il s'agit du premier cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) de ce type détecté en France depuis 2011 et du "troisième cas isolé d'ESB de ce type détecté en Europe depuis 2015"

Le prélèvement sur l'animal décédé avait été envoyé au laboratoire européen de référence pour l'ESB, au Royaume-Uni. Ce dernier devait mettre 8 à 10 jours pour confirmer ou non ce cas de "vache folle". Sans attendre ce délai, le laboratoire a donné son verdict, positif, indique Le Monde. Le ministère de l'Agriculture se veut toutefois rassurant : "La détection de ce cas n'a aucune conséquence pour le consommateur", affirme-t-il par communiqué. Voici ce qu'il faut savoir sur le contexte et les conséquences de cette détection d'ESB.

Une exploitation "honorablement connue"

L'animal, âgé de 5 ans, appartenait à un élevage de 400 vaches Salers des Ardennes, dans le village de Givron. "La suspicion a été établie le 17 mars par le laboratoire national de référence de l'Agence nationale de sécurité sanitaire, grâce à des prélèvements réalisés sur l'animal à l'équarrissage", selon un précédent communiqué du ministère. 

"Hier, il y avait une simple suspicion. Je suis surpris que la confirmation soit arrivée si vite. Je ne connais pas personnellement l'éleveur, mais son exploitation est honorablement connue. C'est quelqu'un de sérieux, nous allons essayer de lui apporter notre soutien moral et dédramatiser un peu", indique à francetv info Philippe Clausse, directeur de la FDSEA des Ardennes, branche du syndicat agricole majoritaire.

"Aucune conséquence pour le consommateur"

Le ministère affirme que "la détection de ce cas n'a aucune conséquence pour le consommateur". Le mode de contamination n'est en effet sans doute pas le même que lors de l'épidémie de la fin des années 1990 puisque les farines animales, alors en cause, ont été depuis interdites pour l'alimentation du bétail.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, va "solliciter la Commission européenne afin qu'elle saisisse l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en lien avec l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) pour mieux comprendre l'origine et la cause de ces cas isolés chez des bovins jeunes", poursuit le communiqué publié jeudi.

Une centaine de bovins abattus

Une centaine de bovins seront abattus dans un délai d'un mois. Il s'agit des vaches appartenant à la "cohorte" de l'animal mort, âgées d'un an de plus ou de moins que la vache infectée et qui, donc, "risquent d'avoir été exposées à la même source alimentaire", ainsi que les veaux "nés depuis moins de deux ans" de la vache malade.

Les mesures d'indemnisation "ne couvriront peut-être pas la totalité du préjudice, notamment le préjudice moral. Pour l'éleveur, c'est un choc, un stress important", a souligné Philippe Clausse, directeur de la FDSEA des Ardennes.

La France risque de perdre des marchés 

La France avait été requalifiée en pays à "risque négligeable" pour l'encéphalopathie spongiforme bovine en mai 2015 par l'Organisation mondiale de la santé animale. Cette décision devait permettre de rouvrir les exportations vers de grands marchés internationaux.

Selon le ministère, il est "probable" que les pays qui avaient rouvert depuis 2015 leurs frontières aux exportations françaises – Arabie saoudite, Canada, Singapour, Vietnam – les ferment à nouveau. Mais ces pays ne représentent qu'un faible volume d'exportations. Les autres pays de l'UE, destinataires principaux des ventes de viande française, ne peuvent en revanche pas fermer leurs portes au bœuf hexagonal.