Le Salon de l'agriculture ferme ses portes, avec une fréquentation en baisse de 11%

Plus de 611 000 visiteurs ont arpenté les allées de la plus grande ferme de France, sur fond de crise de l'élevage.

Au Salon de l'agriculture, porte de Versailles à Paris, le 2 mars 2016. 
Au Salon de l'agriculture, porte de Versailles à Paris, le 2 mars 2016.  (MAXPPP)
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Le 53e Salon de l'agriculture a fermé ses portes, dimanche 6 mars au soir. Plus de 611 000 visiteurs ont arpenté les allées de la plus grande ferme de France pendant neuf jours, soit une baisse de fréquentation de 11% par rapport à 2015. "On a vécu les attentats du 13 novembre, la crise agricole, la crise économique", a déclaré le président du salon, Jean-Luc Poulain, pour expliquer cette baisse devant des journalistes.

L'édition 2016 a en effet été marquée par la crise que traversent plusieurs filières agricoles, dont l'élevage. Dès l'inauguration, des éleveurs en colère ont montré leur malaise en accueillant le président François Hollande par des huées accompagnées d'insultes et d'appels à la démission. "Il s'en fout complètement de nous", "Bon à rien", "On n'est pas des migrants", "Connard", "Fumier", ces éleveurs n'ont pas mâché leurs mots, exprimant le désespoir d'une profession au bord du gouffre.

Une visite tendue mais sans violences pour Valls

Puis des dizaines de manifestants de la FNSEA ont démonté le stand du ministère de l'Agriculture et protesté à grands coups de sifflet, poussant les CRS à intervenir. Le chef de l'Etat a quitté le salon après environ six heures de visite, soit la plus courte depuis le début de son quinquennat.

Deux jours plus tard, les éleveurs ont réservé un accueil tendu mais sans violence à Manuel Valls. Le Premier ministre a reçu les représentants des filières d'élevage et a cherché à les rassurer. C'est également ce qu'a cherché à faire le commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan - dont Marine Le Pen a dit "vouloir la peau" - qui a fait mercredi une visite discrète au Salon, sans déambuler dans les allées mais en prenant part à une réunion avec le ministre Stéphane Le Foll et les représentants de l'élevage français.

"La colère et le désarroi sont toujours là" 

"Ce Salon a été exceptionnel en termes d'échange et de capacité d'écoute entre les visiteurs, les hommes politiques et les agriculteurs", a noté Jean-Luc Poulain, soulignant que les personnalités politiques ont plusieurs fois eu des échanges d'une demi-heure avec les agriculteurs "contre cinq minutes d'habitude". Pour le président de la FNSEA, Xavier Beulin, "le Salon a permis des rencontres plutôt positives, comme avec le commissaire européen Phil Hogan: les professionnels ont pu lui exposer leurs difficultés et les solutions, selon eux, à mettre en place pour y répondre", comme les outils de limitation de la production (par le retrait des excédents du marché) et le soutien aux exportations.

Mais ce 53e Salon de l'Agriculture "restera une édition exceptionnelle, avec un état d'esprit très difficile au départ", reconnaît Jean-Luc Poulain. "C'est retombé, mais la colère et le désarroi sont toujours là."