Crise agricole : la Commission européenne accepte les réductions temporaires de production laitière

Des propositions doivent être débattues dans la journée entre les ministres de l'Agriculture des 28 et être soumises à la Commission. La France souhaite la réduction de la production, pour relever les prix.

Des producteurs laitiers manifestent à Angers (Maine-et-Loire), le 23 mai 2011. 
Des producteurs laitiers manifestent à Angers (Maine-et-Loire), le 23 mai 2011.  (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)
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Le début d'une sortie de crise pour les producteurs laitiers ? Lundi 14 mars, la Commission européenne s'est dite disposée à autoriser des réductions temporaires de la production dans le secteur. Cette dérogation provisoire aux règles de la concurrence était notamment réclamée par la France.

"Je suis prêt à proposer l'application de telles règles", a déclaré le commissaire Phil Hogan devant les ministres de l'Agriculture des 28 réunis à Bruxelles. Il a ainsi ouvert la voie à l'activation d'une mesure qui permettra aux opérateurs du secteur de s'entendre, sur une base volontaire, sur des limitations temporaires de la production.

Autre mesure de nature à protéger les agriculteurs contre la chute des prix : le commissaire Hogan a annoncé qu'il proposait un doublement des niveaux de stockage pour la poudre de lait et le beurre, respectivement à 218 000 tonnes et 100 000 tonnes. La France souhaitait pour la poudre de lait un relèvement du plafond à 160 000 tonnes pour l'ensemble des 28 (contre 109 000 actuellement).

La France veut "stabiliser puis réduire" la production 

"J'espère aujourd'hui que les choses vont bouger dans le sens qui consiste à faire le constat tout simple que l'on est en surproduction dans beaucoup de secteurs agricoles", a plaidé le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.

La France, première puissance agricole européenne, a multiplié les contacts avec d'autres gouvernements. Paris estime notamment avoir rallié une majorité autour de mesures pour "stabiliser puis réduire" la production de lait, dont les niveaux, exceptionnels en Europe depuis la fin des quotas en avril 2015, contribuent à l'effondrement des prix. L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie et la Slovénie sont favorables à une limitation de la production, a assuré le ministre français.