VIDEO. Le vote FN tente de plus en plus les agriculteurs

À un an de l'élection présidentielle, un conflit avec les agriculteurs serait malvenu pour François Hollande. D'autant plus que beaucoup d'entre eux songent à voter pour Marine Le Pen.

Voir la vidéo
FRANCE 2

Mis à jour le , publié le

La crise va-t-elle faire changer le vote du monde agricole ? François Hollande ne veut pas s'attirer les foudres des agriculteurs, alors que s'ouvre samedi 27 février le Salon de l'agriculture. Nombre d'entre eux pourraient voter pour le Front national en 2017, alors qu'une majorité d'entre eux votent traditionnellement pour la droite, bien plus que l'ensemble des Français. À la dernière présidentielle, 75% d'entre eux ont voté pour un candidat de la droite et du centre. Une longue tradition française d'adhésion au parti gaulliste. 

Un sentiment de "déclassement profond"

Mais dans les exploitations moyennes comme celle de Dominique Roger où les revenus sont en baisse en raison de la concurrence internationale, la tentation du vote FN est forte. "Le Front national peut faire partie d'une alternative pour changer les choses", déclare Alix Roger, éleveuse. 

C'est justement ces catégories que Marine Le Pen a décidé de courtiser avec un discours anti-européen et nostalgique de la France rurale d'autrefois. "Si un certain nombre d'agriculteurs votent pour l'extrême droite, c'est parce qu'ils se sentent en situation d'amenuisement démographique, en situation de déclassement profond", note François Purseigle, sociologue spécialiste du monde agricole. Reste que certains "savent ce qu'ils doivent à l'Europe. Il n'y a pas alignement du monde paysan et du FN sur les questions européenne et sur les questions de mondialisation", nuance Brice Teinturier de l'institut Ipsos. 

Le monde paysan représente 8% des électeurs, mais les politiques le savent, ils pèsent d'un poids symbolique beaucoup plus fort dans l'opinion publique française.

Le JT
Les autres sujets du JT
Des agriculteurs manifestent à Poitiers (Vienne) le 5 février 2016. 
Des agriculteurs manifestent à Poitiers (Vienne) le 5 février 2016.  (CITIZENSIDE / FABRICE RESTIER / AFP)