"La dette de l'assurance chômage n'est pas anormale ni excessive"

Christophe Ramaux, professeur au centre d'économie de la Sorbonne, et Étienne Lefebvre, rédacteur en chef aux Échos, débattent ce mardi 2 février dans le Grand Soir 3 de l'idée de la dégressivité des assurances chômage.

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France 3

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"La dette de l'Unedic est de 30 milliards d'euros. Mais la dette publique est de 2 000 milliards, tout comme la dette des entreprises et des ménages", rappelle Christophe Ramaux, membre des économistes atterrés, dans le Grand Soir 3. Donc, pour lui, "la dette de l'Unedic reste relativement limitée et il est normal, compte tenu de la crise, que l'assurance chômage soit déficitaire".

Étienne Lefebvre, journaliste aux Échos, estime au contraire que "le déficit de l'Unedic représente une année de recette de ce régime. Plus de 10% des indemnités versées sont payées par de la dette, qui ne sera jamais résorbée si on n'agit pas. Si on met en place une dégressivité systématique des indemnisations, avec un chômage record, ce ne sera pas la solution la plus efficace. Elle pourrait être pratiquée de manière ciblée, quand un chômeur rechigne à retrouver un emploi".

"Les chômeurs touchent peu et consomment"

"La moitié des chômeurs touche moins de 1 000 euros par mois. Ce ne sont pas des nantis et ils consomment, insiste l'économiste Christophe Ramaux. On ne consacre que 40 milliards d'euros aux chômeurs, c'est 2% du PIB, ce n’est rien du tout. Les retraites c'est 300 milliards et la santé 200. Les chômeurs ne coûtent pas grand-chose".

Étienne Lefebvre conclut par le fait que "l'importante négociation qui s'engage entre patronat et syndicats ne vont pas parler que la dégressivité de l'assurance chômage mais aussi de la taxation éventuelle des CDD et des contrats courts ou de la baisse du plafond d'indemnisation, qui est très élevé, à plus de 6 000 euros".

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