Au Secours catholique de Villefranche-de-Lauragais, en Haute-Garonne : "Je ne peux pas garder mes trois enfants et travailler"

Le nouveau rapport annuel du Secours catholique sur l’état de la pauvreté en France, publié jeudi, montre notamment que les femmes sont de plus en plus touchées par la grande précarité. 

Julie, bénéficiaire du Secours catholique à Villefranche-de-Lauragais, le 8 novembre 2017.
Julie, bénéficiaire du Secours catholique à Villefranche-de-Lauragais, le 8 novembre 2017. (RADIO FRANCE / STEPHANE IGLESIS)
avatar
Stéphane IglésisRadio France

Mis à jour le
publié le

Des familles de plus en plus pauvres, des étrangers de plus en plus isolés sur le sol français, des bénéficiaires potentiels qui ne demandent pas les aides auxquelles ils ont droit, et une majorité de femmes accueillies au Secours catholique : c'est ce qui ressort du rapport annuel de l'organisation sur l'état de la pauvreté en France (lien vers un PDF), paru jeudi 9 novembre.  Et il suffit de pousser la porte du Secours catholique de Villefranche-de-Lauragais, entre Toulouse et Carcassonne, en Haute-Garonne, pour faire le même constat.

Les locaux sont loin de tout arrêt de bus ou de train, mais l'accueil y est très chaleureux : c'est ce que viennent chercher les bénéficiaires, comme Julie. Dieu est partout, explique en riant la jeune femme de confession musulmane. "Mon mari est étudiant depuis plus de huit ans maintenant, dans l'attente d'avoir son diplôme d'Etat pour être ingénieur. Il lui manque encore quelques étapes. Moi, je suis maman de trois enfants."

Près de 7 bénéficiaires sur 10 au chômage

Julie rêverait de trouver un emploi : "L'opportunité, ce serait de foncer dans le monde du travail, sauf que si demain je veux être femme de ménage, mes heures seront avant 8h le matin et après 20h le soir, quand les bureaux sont fermés. Ce n'est pas cohérent avec le gardiennage de mes enfants".

Parmi les actifs présents dans l’association, 68 % sont au chômage, essentiellement des femmes, et en particulier des femmes seules en charge de leur famille. Delphine veut travailler, mais sans permis et sans voiture à la campagne, c’est compliqué. 

Je suis vaillante, le froid, la pluie, le vent, ça ne me fait pas peur.

Delphine, bénéficiaire du Secours catholique

à franceinfo

Elle doit se contenter de quelques heures par semaine : "Je travaille le lundi, le mercredi et le vendredi de 19h à 20h30, je fais le ménage à Vinci Autoroutes pour 147 euros par mois. J'aimerais faire plus d'heures, mais comme je suis en scooter, c'est pas évident", témoigne-t-elle. Pour beaucoup de bénéficiaires, le Secours catholique représente leur seule famille. Et c'est surtout un lieu où ils ne sont pas jugés.

Au Secours catholique de Villefrange-de-Lauragais, en Haute-Garonne. Reportage de Stéphane Iglésis
--'--
--'--