Voitures brûlées, lycéen frappé... Les manifestations contre la loi Travail émaillées de violences

Une trentaine de personnes ont été interpellées, dans plusieurs villes de France, en marge de la mobilisation contre la réforme du Code du travail.

Policiers et manifestants s'affrontent, lors d'une manifestation contre la loi Travail, à Paris, le 24 mars 2016.
Policiers et manifestants s'affrontent, lors d'une manifestation contre la loi Travail, à Paris, le 24 mars 2016. (DOMINIQUE FAGET / AFP)
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Les manifestations contre le projet de loi Travail, présenté en Conseil des ministres, ont rassemblé au moins 43 000 personnes, jeudi 24 mars, dans plusieurs villes de France. Contre le texte de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, jugé trop favorable au patronat, les manifestants ont défilé à l'appel de sept syndicats et organisations de jeunes (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl). Les mobilisations ont été ponctuées de violences et une trentaine de personnes ont été interpellées.

Voitures brûlées et interpellations à Paris

A Paris, environ 5 000 jeunes ont à nouveau défilé jeudi. Parmi eux, quelques dizaines semblaient prêts à en découdre avec les forces de l'ordre. Le cortège a dégénéré dans l'après-midi. "Police partout justice nulle part", "Tous à l'Assemblée", ont lancé des manifestants cagoulés, qui ont joué au chat et à la souris avec les CRS, avant d'être dispersés à coups de gaz lacrymogène. Deux voitures ont été incendiées et 15 personnes interpellées en marge du défilé. Deux policiers ont également été blessés, selon la police.

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REUTERS et APTN

Sur cette autre vidéo mise en ligne par Marianne, des policiers acculés sont visés par une pluie de projectiles. Selon le site de l'hebdomadaire, la scène s'est déroulée, vers midi, boulevard Port Royal. La vitrine de l'établissement qui se trouve derrière les forces de l'ordre a été brisée.


L'inspection générale de la police nationale (IGPN) a par ailleurs ouvert une enquête, après la diffusion d'une vidéo montrant un policier asséner un coup de poing à un jeune manifestant. La scène se serait produite jeudi matin pendant le blocage du lycée Bergson, à Paris. "Je me suis fait arrêter à quelques centaines de mètres de l'entrée, et un policier m'a attrapé, avant de me frapper, avec son collègue", a raconté la victime à francetv info.

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Une boutique dévalisée à Rennes

A Rennes (Ille-et-Vilaine), la manifestation contre la loi Travail a débuté tôt, jeudi, avant d'être émaillée d'échauffourés entre des manifestants et les CRS. "Une personne a été interpellée et une lycéenne a été très légèrement blessée par un éclat de grenade lacrymogène", précise Ouest-France.

Selon le quotidien, une boutique de vêtements a été "attaquée par une vingtaine de jeunes cagoulés". "Ils ont piqué environ 150 pièces : des polos, des survêtements, des manteaux. Des vêtements à 200 euros. Ça a duré 10 secondes. C'était très violent", témoigne une vendeuse.

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19 interpellations à Nantes

D'après un bilan de la préfecture de Loire-Atlantique, 19 interpellations ont eu lieu en marge la manifestation à Nantes. La police précise que 11 des interpellés sont des mineurs, dont le plus jeune est âgé de 15 ans. Plusieurs face-à-face tendus se sont déroulés tout au long de la mobilisation. France 3 Pays de la Loire évoque notamment des "pavés descellés entre les rails du tramway et jetés en direction des forces de l'ordre, des poubelles incendiés, des gaz lacrimogènes".

Une homme blessé pendant la manifestation contre la loi Travail, à Nantes, le 24 mars 2016.
Une homme blessé pendant la manifestation contre la loi Travail, à Nantes, le 24 mars 2016. (LOIC VENANCE / AFP)

Coups de matraque à Lyon

La mobilisation a été modeste à Lyon (Rhône), selon France 3 Rhône-Alpes. Quelque 1 200 manifestants ont défilé de la place Bellecour à la place Guichard. Mais le rendez-vous contre le projet de loi a donné lieu à plusieurs confrontations. Dans la vidéo ci-dessous, les forces de l'ordre repoussent des manifestants à coups de matraque.

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