Un rapport préconise la mise en place d'un "revenu de base" universel en France

La mise en place d'un revenu universel a été préconisée par un rapport du Conseil national du numérique, remis aujourd'hui à la ministre du Travail et de l'Emploi, Myriam El Khomri. 

Dans un rapport remis par le CNNum à la ministre du travail Myriam El Khomri le 6 janvier 2016, la mise en place du revenu de base est proposée.
Dans un rapport remis par le CNNum à la ministre du travail Myriam El Khomri le 6 janvier 2016, la mise en place du revenu de base est proposée. (GERARD BOTTINO / CITIZENSIDE)
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C'est l'une des 20 propositions du Conseil national du numérique (CNNum). Un rapport (en PDF) sur les changements du monde du travail dus à la révolution numérique, remis mercredi 6 janvier à la ministre du Travail et de l'Emploi, Myriam El Khomri, préconise la mise en place d'un revenu de base en France. "Il est absolument nécessaire de se poser la question aujourd’hui pour y répondre pour demain", souligne le rapport. Mais qu'est-ce que le revenu de base et quels en seraient les avantages ? Francetv info répond à trois questions. 

Qu'est-ce que le "revenu de base" ?

La mise en place d'un revenu universel, ou "revenu de base", est préconisée par de nombreux think tanks, collectivités publiques ou associations. C'est notamment le cas du Mouvement français pour un revenu de base (MFRB), association qui milite en faveur de son installation. Cette dernière a participé à l'élaboration du rapport aux côtés du CNNum et propose une définition du "revenu de base" : "Le revenu de base est un droit inaliénable, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, distribué par une communauté politique à tous ses membres, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement sont ajustés démocratiquement." 

Face aux avantages avancés, beaucoup doutent de l'efficacité d'une telle mesure. Comment financer de telles dépenses ? Est-ce synonyme d'une hausse des impôts ? Gagner de l'argent sans travailler, n'est-ce pas éloigné de notre culture ? Pour répondre à toutes ces interrogations, le CNNum conseille, dans son rapport, de réaliser des études de faisabilité. Mais pour le président du CNNum, Benoît Thieulin, "nous ne pouvons pas ignorer ce mouvement".

A quoi servirait-il ?

Selon ceux qui le défendent, les bénéfices du "revenu de base" seraient multiples. Le rapport cite, par exemple, la lutte contre les inégalités, promettant un revenu aux artistes, indépendants, bénévoles et personnes en recherche d'emploi. Le MFRB souligne également qu'un "revenu de base" permettrait d'appréhender différemment le travail. L'argent, pesant moins dans la balance, laisserait place au développement personnel. Les citoyens seraient ainsi à même d'accepter des postes moins rémunérateurs, mais plus personnellement enrichissants.

Le rapport met également en avant la simplification de la gestion des aides sociales et la construction de mécanismes de redistribution fiscales plus justes et équitables.

Où a-t-il déjà été mis en place ?

Trois autres pays testent déjà, à différentes échelles, le revenu universel. A partir de novembre prochain, la Finlande sera le tout premier pays européen à distribuer un revenu universel à ses habitants, quels que soient leur âge et leurs ressources. Les Finlandais recevront ainsi 800 euros par mois, comme le note Europe1.

Helsinki n'est pas pionnière. Un Etat des Etats-Unis, l'Alaska, distribue "l'Alaska Permanent Fund" à ses habitants depuis plus de trente ans, grâce aux revenus issus du pétrole. En 2014, les habitants de l'Alaska ont ainsi reçu environ 1 884 dollars, soit plus de 1 700 euros, selon le rapport annuel du département des revenus de l'Etat de l'Alaska (en PDF).

Enfin, vingt villes des Pays-Bas mènent également, depuis le 1er janvier, des expérimentations semblables. A Utrecht, comme l'explique Géopolis, "300 bénéficiaires des indemnités chômage ou des minima sociaux vont recevoir un revenu mensuel de 900 euros."