Réforme du Code du travail : l'ancienne "plume" d'El Khomri accuse Matignon

Pierre Jacquemain a claqué la porte du ministère du Travail, mi-février, car il était en désaccord avec l'avant-projet de loi sur la réforme du Code du travail. Il a accordé un entretien à "L'Humanité".

Pierre Jacquemain est l'ancienne "plume" de la ministre du Travail, Myriam El Khomri.
Pierre Jacquemain est l'ancienne "plume" de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. (REGARDSTV / DAILYMOTION)

Mis à jour le , publié le

"Ce projet de loi est une erreur historique." Quand il évoque la réforme du Code du travail, Pierre Jacquemain n'a pas la langue dans sa poche. Jusqu'à la mi-février, il était chargé de préparer les discours et les entretiens de la ministre du Travail, Myriam El Khomri, avec la presse. Mais il a fini par démissionner, furieux contre l'avant-projet en cours de rédaction, comme il l'explique dans les colonnes de L'Humanité, lundi 29 février.

"La politique du ministère du Travail se décide à Matignon"

"J'ai peu à peu compris que nous perdions la bataille. En réalité, la politique du ministère du Travail se décide ailleurs, à Matignon. C'est le Premier ministre qui donne le ton." Selon lui, le texte est donc largement piloté par Manuel Valls, sans égard pour le travail de consultation mené par la ministre du Travail. Le 17 février, déjà, un article du Canard enchaîné évoquait le poids du Premier ministre dans le dossier. Après avoir relu un entretien accordé par Myriam El Khomri aux Echos, Matignon aurait fait ajouter la référence à un éventuel recours à l'article 49.3, avant publication, et sans en avoir averti l'Elysée.

Myriam El Khomri "a mené une concertation fructueuse avec les partenaires sociaux, qui a débouché sur de réelles avancées", assure pourtant Pierre Jacquemain, tout en regrettant leur absence dans le texte final. Ancien collaborateur de Clémentine Autain, et plutôt situé à la gauche de la gauche, Pierre Jacquemain n'hésite pas à qualifier l'avant-projet de loi de "non-sens politique" : "Quand on se dit de gauche, quand on s’estime progressiste, je ne vois pas comment on peut soutenir un tel texte."