Pourquoi la SNCF et la RATP sont (aussi) en grève mercredi

Rien à voir avec la mobilisation contre la réforme de Myriam El Khomri. Les syndicats de la SNCF et de la RATP appellent également à cesser le travail, mercredi. Mais pour des raisons tout à fait indépendantes.

A la SNCF, la CGT, l'Unsa, SUD et la CFDT ont déposé un préavis de grève à compter du mardi 8 mars, 19 heures, jusqu'au jeudi 10 mars.
A la SNCF, la CGT, l'Unsa, SUD et la CFDT ont déposé un préavis de grève à compter du mardi 8 mars, 19 heures, jusqu'au jeudi 10 mars. (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)
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Il n'y a pas que le mouvement de protestation contre la réforme du Code du travail. Salaires, emploi, conditions de travail... Les syndicats de la SNCF et de la RATP appellent eux aussi à la grève, mercredi 9 mars, laissant augurer d'importantes difficultés de transports, notamment en Ile-de-France. Dans les deux cas, le mouvement débutera mardi soir – dès 19 heures côté SNCF, à partir de 22 heures pour la RATP – et s'achèvera jeudi matin. En dehors de la date, les deux appels à la grève n'ont rien en commun. En voici les raisons. 

A la SNCF, pour les conditions de travail

Outre la revendication d'une hausse des salaires, la CGT, l'Unsa, Sud et la CFDT appellent surtout les cheminots à défendre leurs conditions de travail au moment où se négocient les futures règles communes au secteur ferroviaire. Ces règles reposeront sur un décret qui servira de socle social pour le secteur dont la première mouture ne satisfait aucun syndicat. Tous réclament des règles de "haut niveau social", "a minima" au niveau de la réglementation interne en vigueur à la SNCF, explique Christophe Fargallo, du syndicat Sud-Rail.

Il s'agit du volet le plus délicat de la réforme ferroviaire votée en 2014. Modifier les règles d'organisation (durées de travail, coupures, astreintes, repos, etc.) et les contreparties à la flexibilité exigée des salariés pour assurer un service 7 jours sur 7 en toute sécurité, a des conséquences directes sur la productivité des entreprises ferroviaires et la vie quotidienne des cheminots. Le secrétariat d'Etat aux Transports s'est donné jusqu'au 15 mars pour amender son projet.

Parallèlement, les négociations au niveau de la branche pour ajouter d'ici à juillet une convention collective commune n'avancent guère. Les syndicats accusent l'UTP (qui regroupe la SNCF et ses concurrents privés) de jouer "l'immobilisme". La SNCF, qui vise des gains de coûts, doit rallier ses concurrents à une convention économiquement acceptable, qui lui permettrait de réduire son retard de compétitivité. A défaut, le risque pour la SNCF est de tout voir renvoyé dans l'accord d'entreprise à négocier également d'ici l'été. Les discussions doivent prochainement démarrer. Elles pourraient notamment porter sur une réduction du nombre de RTT.

Dans ce contexte, la grève de mercredi est un triple "coup de semonce" envoyé "au gouvernement, à l'UTP et à la SNCF", explique Didier Aubert, le patron de la CFDT-cheminots. "C'est une étape, la SNCF et le gouvernement doivent nous entendre. Sinon les cheminots réagiront de nouveau", prévient de son côté Thierry Nier, secrétaire fédéral de la CGT.

A la RATP, pour les salaires

La CGT et Sud, respectivement première et troisième organisations syndicales de la profession, appellent à débrayer essentiellement pour peser sur les négociations salariales annuelles. Celles-ci devaient à l'origine démarrer mercredi mais ont été repoussées de deux jours "de peur de voir une convergence de luttes avec les agents SNCF" et une "levée de boucliers" contre la réforme du travail, selon la CGT.

Le syndicat appelle les agents à manifester mercredi à 10 heures devant le siège de la régie. La CGT refuse une "année blanche" salariale et réclame "300 euros immédiatement pour tous et 3% d’augmentation de la valeur du point". Elle dénonce également les suppressions d'emplois à la RATP : " 700 postes en 2015, et autant de prévues en 2016", déplore Jacques Eliez,  secrétaire général de la CGT-RATP, auprès des Echos