Ordonnances réformant le Code du travail : "Je pense qu'on a évité le pire" note Philippe Louis, président de la CFTC

Selon Philippe Louis, président du syndicat CFTC, "le pire" a été évité lors de la présentation des ordonnances réformant le droit du travail. 

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Philippe Louis, président du syndicat CFTC (Confédération française des travailleurs chrétiens) estime, vendredi 1er septembre sur franceinfo, que "le pire" a été évité, après l'annonce, jeudi par le gouvernement, du contenu des ordonnances visant à réformer le Code du travail.

"Je pense qu'on a évité le pire : je veux juste rappeler que, quand on a commencé à discuter, quand on parlait de négociations dans l'entreprise, on aurait pu craindre que tout aille vers l'entreprise, que la branche perde son rôle régulateur, ce n'est pas le cas. La branche gardera des domaines préservés, c'est à dire qu'elle pourra verrouiller" explique le syndicaliste.

"Ce qui est plus embêtant c'est la négociation sans organisation syndicale"

"Ce qui est plus embêtant c'est la négociation sans organisation syndicale dans les entreprises de moins de cinquante [salariés], mais je dirais qu'on peut l'éviter : il suffit d'aller chercher une organisation syndicale pour négocier" ajoute Philippe Louis.

A la question "pensez-vous que des lignes rouges ont été franchies ?", Philippe Louis répond qu'"on s'en est rapproché, mais on ne peut pas dire qu'on les ait franchies réellement" : "sur la négociation, la branche garde son rôle régulateur, c'était la grosse crainte qu'on avait, qu'on puisse négocier absolument tout dans l'entreprise."

"La deuxième ligne rouge, c'était les indemnités prudhommales, ce qui passe le plus mal. Là, on a une grosse déception : on avait demandé qu'un plancher soit mis à six mois pour les plus de deux ans d'ancienneté, ça, on ne l'a pas obtenu. On a obtenu quelques petites choses qui font que c'est un petit peu plus acceptable" note t-il.

"Plutôt que de s'épuiser dans la rue, autant mettre en place des actions pour alerter les salariés"

La CFCT n'appelle pas, pour le moment, à rejoindre les organisations syndicales qui appellent à manifester le 12 septembre contre la réforme du Code du travail, même si la décision définitive doit être prise lundi prochain. "Il y a un président de la République qui a été élu, il avait donc une majorité, je pense que cette réforme avait été clairement annoncée (…), est-ce qu'on a réellement la légitimité d'aller chercher des gens dans la rue pour le faire revenir en arrière ? Je ne suis pas sûr qu'on arrivera à nos fins. Donc plutôt que de s'épuiser dans la rue, autant, maintenant, mettre en place des actions pour alerter les salariés, les délégués, pour contrecarrer certaines mesures qui peuvent paraitre aberrantes, ça, ça va être notre travail" conclut le président de la CFTC.

Philippe Louis, président de la CFTC, le 1er septembre 2017.
Philippe Louis, président de la CFTC, le 1er septembre 2017. (FRANCEINFO)