Mobilisations contre la loi Travail : des manifestations moins fournies et des échauffourées

Les cortèges, majoritairement remplis de lycéens et d'étudiants, ont accueilli moins de contestataires que le 9 mars. Mais l'ambiance s'est parfois tendue, notamment à Rennes, Paris et Strasbourg.

Un policier aspergeant des jeunes manifestants à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 17 mars 2016.
Un policier aspergeant des jeunes manifestants à Rennes (Ille-et-Vilaine), le 17 mars 2016. (DAMIEN MEYER / AFP)

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Entre 69 000 et 150 000 lycéens et étudiants ont défilé jeudi 17 mars, partout en France, pour réclamer le retrait du projet de réforme du Code du travail, remanié par le gouvernement mais toujours contesté par certains syndicats de salariés et de jeunes.

Le ministère de l'Education nationale a décompté 115 lycées bloqués en France dans la matinée, totalement ou partiellement, sur 2 500 lycées publics. Les organisations lycéennes en ont recensé 120 à 200, saluant une mobilisation "largement" supérieure à celle du 9 mars. Côté universités, plusieurs sites étaient fermés sur décision administrative: les campus parisiens de la Sorbonne et de Tolbiac, de Lyon et de Bordeaux.

Affrontements devant la fac de Tolbiac, à Paris

Cette journée constituait pour l'exécutif un test intermédiaire, entre la mobilisation du 9 mars et celle du 31 mars, présentée comme le principal rendez-vous des adversaires du texte. Or les chiffres de jeudi sont en net recul par rapport à ceux de la semaine dernière, quand les jeunes manifestaient aux côtés des syndicats de salariés.

Mais c'est dans une ambiance plus tendue que se sont déroulées certaines manifestations. Au total, une trentaine de personnes ont été interpellées, selon des sources policières, et des manifestants et des policiers ont été blessés, notamment à Rennes, Strasbourg et Paris.

Dans la capitale, où entre 8 900 et 9 200 personnes ont défilé, de brèves échauffourées ont eu lieu avant la constitution du cortège, parti à 14 heures de la place de la République. Une dizaine de manifestants ont alors été interpellés et deux policiers ont été légèrement blessés. Plus tard dans la soirée, des affrontements ont éclaté entre des étudiants et des CRS devant la faculté de Tolbiac, dans le 13e arrondissement.

Présent sur place, un professeur témoigne de la violence des échauffourées. "J'ai vu les CRS charger et plaquer au sol très violemment deux jeunes. C'étaient vraiment des étudiants, ils n'avaient pas l'air de casseurs, raconte Thomas Porcher à francetv info. J'ai connu les mouvements contre le CPE ou la réforme de l'université, je n'ai jamais vu une charge de CRS comme ça."

A Rennes, un policier a été blessé lors d'échanges de projectiles avec les manifestants, comme le relaie France 3 Bretagne. La gare ferroviaire a été envahie par plusieurs centaines de personnes, délogées ensuite par les forces de l'ordre.

D'après Ouest France, 300 manifestants ont alors défié la police, laquelle a riposté en lançant des bombes lacrymogènes.

A Lyon, selon France 3 Rhône-Alpes, pas de blessés ni d'interpellations connues, mais là encore un face-à-face tendu entre policiers et jeunes manifestants dans le centre-ville, comme le relaie Le Progrès.

Une lycéenne blessée à la tête à Strasbourg

A Marseille, des échauffourées ont opposé une centaine de jeunes, parfois cagoulés, et des policiers devant un commissariat sur la Canebière. A Metz, cinq personnes ont été interpellées alors qu'elles occupaient un pont menant à l'université, où une centaine d'étudiants étaient rassemblés. Elles devaient être placées en garde à vue en fin d'après-midi, selon la police, pour participation à un attroupement. Deux d'entre elles seraient également accusées d'outrage et de violence sur personne dépositaire de l'autorité publique.

A Strasbourg, la situation a dégénéré lors d'une intervention des CRS au cours de la manifestation. Lorsqu'ils ont brièvement tenté de bloquer les marches d'accès à la faculté de droit aux cris de "La faculté est à nous", les jeunes manifestants ont été délogés par un cordon de policiers. Cinq protestataires, parmi lesquels deux lycéennes, ont été blessés, selon un bilan communiqué par l'Unef. L'une d'elles a été blessée à la tête.

"Il est absolument minable que ce gouvernement policier en arrive encore à ce point : frapper des lycéens, des étudiants, pour tenter de faire taire la révolte contre ses lois réactionnaires", a dénoncé de son côté le Mouvement  des jeunes communistes du Bas-Rhin.