Loi Travail : des militants et un journaliste interdits de manifester lors de la prochaine journée d'action

La préfecture de police justifie cette décision par l'article 5 de la loi sur l'état d'urgence.

Des gendarmes encadrent un rassemblement d'opposants à la loi Travail, le 12 mai 2016 à Paris.
Des gendarmes encadrent un rassemblement d'opposants à la loi Travail, le 12 mai 2016 à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
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Les autorités prennent les devants à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation contre la loi Travail. Une dizaine de militants du collectif Action antifasciste (AFA) Paris-Banlieue et du Mouvement interluttes indépendant (Mili) ont été interdits de manifester, rapporte Le Monde, lundi 16 mai. Selon un document posté sur Twitter par l'AFA, ces manifestants sont "interdits de séjour" entre 11 et 20 heures dans les quatre arrondissements de Paris où le défilé contre la loi El Khomri doit passer, mardi. Un photographe de presse a également reçu un document lui interdisant de couvrir le défilé parisien, révèle BuzzFeed.

La préfecture de police de Paris justifie cette décision par l'article 5 de la loi sur l'état d'urgence, qui permet "d'interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics"La préfecture indique que les militants concernés ont été "remarqués, à de nombreuses reprises" lors de manifestations contre la loi Travail. Et d'ajouter que "ces rassemblements entraînent régulièrement des débordements". Le texte envoyé à ces militants ne précise toutefois pas s'ils ont été vus commettant des violences, précise Le Monde. Il n'indique pas non plus la peine encourue s'ils choisissent de braver cette interdiction.

Les arrêtés contestés devant la justice

Le photojournaliste travaillant sous le pseudonyme de Nnoman a reçu exactement le même document dimanche, note BuzzFeed. Ce professionnel, qui détient une carte de presse, publie depuis le début de la mobilisation ses clichés dans le magazine engagé Fumigène, dans Paris Match, ainsi que sur sa page Facebook. Interrogé par la chaîne i-Télé, Nnoman craint que la décision des autorités ne soit motivée par l'envie de "faire taire les images qui peuvent déranger les versions officielles".

Invoquant la liberté de la presse, l'avocat de Nnoman a déposé un référé-liberté pour permettre à son client de couvrir la manifestation de mardi. Contactée par BuzzFeed, la préfecture de police de Paris a indiqué procéder à des "vérifications" concernant le cas de Nnoman. "S'il n'est pas concerné par les faits que l'arrêté lui reproche, il pourra participer à cette manifestation", précise-t-elle. Le tribunal administratif de Paris devrait se prononcer sur son cas, ainsi que sur celui d'autres militants ayant choisi de contester ces arrêtés, mardi matin.