Loi El Khomri : après les manifs, comment le gouvernement tente de répondre à la contestation

L'exécutif joue l'apaisement et la dialogue au lendemain de manifestations qui ont rassemblé, mercredi, au moins 224 000 personnes dans toute la France. 

De gauche à droite, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, à Matignon, lors d'une réunion avec la CFE-CGC sur la réforme du Code du travail, le 8 mars 2016.
De gauche à droite, la ministre du Travail, Myriam El Khomri, le Premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, à Matignon, lors d'une réunion avec la CFE-CGC sur la réforme du Code du travail, le 8 mars 2016. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

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"C'est une mobilisation sérieuse qu'il faut écouter", selon Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale. Au lendemain des manifestations contre la réforme du Code du travail, le gouvernement tente, jeudi 10 mars, de calmer le jeu et de répondre aux inquiétudes. Voici comment.

En évoquant de possibles concessions

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a confirmé sur France Info que la piste d'une surtaxation des CDD pour favoriser la signature de CDI était envisagée. "C'est posé, c'est sur la table. la proposition existe, elle est portée par certains partenaires sociaux dans le cadre de négociations autour de l'assurance chômage", a-t-elle déclaré.

Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, a précisé qu'il "ne sa[vait] pas si cette question aboutira[it] à un accord sur ce point".

Myriam El Khomri a également confirmé que le gouvernement envisageait de "retirer" du projet de loi l'allongement du temps de travail des apprentis. "Aujourd'hui, la possibilité de travailler quarante heures existe déjà avec une autorisation de l'inspection du travail", a rappelé la ministre. "Ce qui était proposé dans le projet de loi, c'était de rester à droit constant et de passer à un régime de déclaration, (...) de changer la procédure administrative", a-t-elle détaillé, reconnaissant que cela avait "provoqué en effet des questionnements légitimes".

En parlant à des "organisations de jeunesse"

Najat Vallaud-Belkacem a annoncé, dans les "4 Vérités", sur France 2, que Manuel Valls allait "recevoir les organisations de jeunesse dans les prochains jours". "Demain [vendredi]", a précisé BFMTV.

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"Le gouvernement est complètement dans le dialogue et il va continuer à l'être. Nous avons, je le rappelle, donné la priorité à la jeunesse dans ce quinquennat. Il faut entendre ce qu'ils ont à nous dire. Et les rassurer aussi", a ajouté Najat Vallaud-Belkacem.

Un rendez-vous avec le Premier ministre dont se félicite, sur Twitter, le président de l'Unef, premier syndicat étudiant.

En affichant son unité

La politique, c'est aussi du symbole et de l'image. A la sortie du Conseil des ministres, mercredi, Manuel Valls et Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, se sont affichés ensemble sur le perron de l'Elysée, alors que la presse ne cesse d'évoquer une rivalité tenace entre eux.

De son côté, la ministre du Travail a maintenu le cap, mercredi, face aux multiples questions des députés lors de la traditionnelle séance de questions au gouvernement. Le Premier ministre s'est également montré avec Myriam El Khomri en pleine discussion sereine dans les couloirs de l'Assemblée nationale.