"Je suis encore choquée" : la jeune femme frappée par un CRS à Paris témoigne

L'étudiante de 24 ans, prénommée Tamara, a l'intention de porter plainte.

Des CRS emploient des gaz lacrymogènes contre les manifestants à Paris le 14 avril 2016.
Des CRS emploient des gaz lacrymogènes contre les manifestants à Paris le 14 avril 2016. (CITIZENSIDE/JULIEN MATTIA / CITIZENSIDE)
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Jeudi 14 avril, les jeunes manifestent dans les rues du 19e arrondissement de Paris contre la réforme du Code du travail. En début d'après-midi, la manifestation vire au face-à-face. La tension monte entre forces de l'ordre et manifestants. Soudain, un CRS sort du rang et lance un violent coup de pied à une jeune femme qui l'apostrophait. La victime tombe à terre avant de se relever et de protester avec véhémence. Elle est ensuite rapidement emmenée à l'écart par un jeune homme.

La scène a été filmée par BFMTV et n'a pas manqué de susciter des réactions indignées. La jeune femme se prénomme Tamara. Elle a 24 ans et étudie le théâtre. BuzzFeed a recueilli son témoignage, vendredi 15 avril. "Je me suis pris un coup violent et non justifié, je suis encore choquée", confie-t-elle.

"Ils s’en prenaient à n’importe qui, sans réfléchir"

Tamara ne participait pas à la manifestation. Elle était assise à la terrasse d'un café, lorsque les manifestants sont arrivés à sa hauteur. Une grenade lacrymogène tirée par les CRS est tombée sur elle. En colère, elle s'est levée et a pris à parti les forces de l'ordre. C'est alors que le CRS l'a frappé.

"Les lycéens avaient fini par charger après avoir été bloqués pendant 40 minutes par les CRS. Forcément, les policiers ont chargé en retour et toutes les personnes qui se trouvaient en terrasse et d’autres personnes pas du tout impliquées dans la manif, se sont retrouvées au milieu de tout ça", raconte-t-elle. "Ils ont lancé leurs lacrymogènes sans réfléchir sur les personnes en terrasse vu que les lycéens ont vite reculé. Alors j’ai 'gueulé' sur eux en disant aux CRS qu’ils s’en prenaient à n’importe qui, sans réfléchir."

"Ce n’est pas la première fois"

Un photographe, Jan Schmidt-Whitleyn, témoin de la scène, a publié une photo de la scène sur sa page Facebook. L'homme confirme la version des faits de Tamara : "A aucun moment elle ne représentait un danger pour les CRS." L'étudiante raconte la suite : "Les pompiers sont venus une heure plus tard, j’avais mal au ventre mais j’ai refusé de me rendre à l’hôpital parce que je passais un concours important dans l’après midi." Tamara envisage désormais de porter plainte. "Ce n’est pas la première fois qu’on voit des vidéos où ils frappent des gosses qui manifestent, mais qui ne sont pas tous des casseurs comme ils disent", dénonce-t-elle. "Une plainte de plus pourra faire avancer les choses."