Emmanuel Macron défend la réforme du droit du travail : "Cette loi est cohérente et parle au pays aujourd'hui"

Dans un entretien au "Journal du dimanche", le ministre de l'Economie assure que le gouvernement est "à l'écoute" des syndicats et d'une partie de la majorité opposés au projet de réforme.

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, le 24 février 2016 à Paris.
Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, le 24 février 2016 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

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Une interview pour défendre la réforme du droit du travail, décriée par les syndicats et une partie de la majorité. Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, s'explique dans le Journal du dimanche du 28 février sur la loi El Khomri, la réforme du licenciement et les intentions du gouvernement que dirige Manuel Valls. 

Emmanuel Macron est à l'origine de la réforme du licenciement, inscrite dans le projet de loi qui sera porté au Parlement par sa collègue Myriam El Khomri. Sur ce point, il assure qu'il veut expliquer ce que le gouvernement cherche à faire. "Cette loi est cohérente. Elle parle au pays aujourd'hui", souligne-t-il. Le projet de loi prévoit aussi des référendums d'entreprise pour valider des accords minoritaires et la primauté des accords d'entreprise en matière de temps de travail.

"On ne peut pas dire qu'on a tout essayé contre le chômage"

Aux syndicats, qui demandent le retrait du plafond des indemnités versées par les employeurs en cas de licenciement jugé abusif par les prud'hommes, Emmanuel Macron répond : "Il faut les entendre, les respecter, discuter" et "leur donner une plus grande part à la négociation collective".

Tandis qu'aux autres opposants à la réforme, il rétorque : "J'entends ces voix. Beaucoup sont celles de mes amis. Mais le projet pour la France ne peut pas être de ne rien changer. On ne peut pas dire qu'on a tout essayé contre le chômage car ce n'est pas vrai." Il estime aussi que l'"on ne peut pas déclarer l'état d'urgence économique et social, et ne rien faire sur le marché du travail".

"Le gouvernement est à l'écoute"

Interrogé sur la volonté de Manuel Valls d'aller "jusqu'au bout de cette réforme", Emmanuel Macron n'exclut toutefois pas de recourir à des amendements. "Le gouvernement est à l'écoute et ne considère pas que tout est intangible", déclare-t-il.

"Nous sommes à un moment du quinquennat où on ne peut pas tout brutaliser, car ce serait prendre le risque de refermer les débats pour longtemps sans avoir réglé les problèmes", lâche-t-il encore. "C'est ce qu'il s'est passé il y a dix ans avec le CPE. La France a malheureusement l'habitude de projets lancés sur des enjeux réels mais qui, mal emmanchés, finissent dans la crispation et l'omerta politique", met en garde Emmanuel Macron.