Echauffourées, mobilisation en demi-teinte... Ce qu'il faut retenir des défilés du 1er-Mai

Les défilés organisés pour la fête du Travail ont rassemblé quelque 84 000 personnes dans toute la France. A Paris, le rassemblement a été émaillé de heurts jusque tard dans la soirée.

Un manifestant lance un projectile en direction des forces de l\'ordre en marge du défilé du 1er mai 2016, à Paris.
Un manifestant lance un projectile en direction des forces de l'ordre en marge du défilé du 1er mai 2016, à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)
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Les manifestations du 1er-Mai n'ont pas échappé aux tensions qui ont émaillé les défilés de ces derniers jours contre la réforme du Code du travail. Tout au long de son parcours, le rassemblement parisien a été accompagné de heurts entre jeunes casseurs et forces de l'ordre. Plus tôt dans la journée, les manifestations en province n'avaient pas provoqué d'incidents particuliers.

Dix-huit personnes ont été interpellées en France, dont deux à Paris, a annoncé le ministre de l'Intérieur. Il fait état de deux blessés : un policier et un manifestant. 

Une mobilisation comparable à l'année dernière

Il n'y a pas eu d'effet "loi Travail". Les chiffres de la mobilisation sont comparables à ceux de l'année dernière. Selon le ministère de l'Intérieur, environ 84 000 personnes ont participé à 282 défilés dans toute la France. Un niveau légèrement supérieur à celui de l'an passé. Le 1er-Mai 2015, la place Beauvau avait comptabilisé 76 000 manifestants.

A Paris, le cortège a rassemblé entre 16 000 et 17 000 personnes, selon la police, 70 000 pour la CGT. Pour la première fois depuis 2009, la CGT et FO ont défilé côte à côte.

A Paris, une ambiance électrique de bout en bout

Du début du cortège à 15 heures, place de la Bastille, jusqu'à sa dispersion vers 20 heures, place de la Nation, l'ambiance a été extrêmement tendue entre les forces de l'ordre et une partie des manifestants. Dix personnes ont été interpellées, dont neuf pour jets de projectiles sur les forces de l'ordre place de la Nation. "Deux personnes ont été blessées légèrement : un manifestant a été touché à la jambe et un CRS a reçu un projectile au niveau de la mâchoire", précise le préfet de police, Michel Cadot.

Dès le départ du cortège, des jeunes cagoulés ou casqués ont lancé des projectiles (cartons, bouteilles...) sur les forces de l'ordre, en proférant des slogans "anti-flics". Des débordements toutefois limités, des milliers d'autres manifestants défilant dans le calme. Notre journaliste Thomas Baïetto se trouvait sur place.

A la suite de ces premiers débordements, les forces de l'ordre tentent de scinder le cortège afin d'isoler les casseurs du reste des manifestants. Une nasse se forme alors en tête du cortège. C'est dans cette zone que les heurts éclatent.

L'avant du cortège, encadré par les CRS et les gendarmes mobiles, avance lentement, et se trouve à plusieurs reprises stoppé par les forces de l'ordre. La tension continue à monter. 

Bon an mal an, le cortège finit par atteindre les abords de la place de la Nation. Les affrontements reprennent de plus belle.

Alors que la place de la Nation se remplit, d'autres incidents éclatent. Jeunes casseurs et militants CGT s'invectivent, en désaccord sur leurs formes de lutte respectives. Puis les casseurs s'en prennent de nouveau aux policiers, notamment à l'aide de morceaux de bitume cassés à même le sol.

La situation est revenue au calme vers 20 heures place de la Nation, après dispersion de la manifestation à l'aide de gaz lacrymogènes. Depuis la place, certains "casseurs" ont convergé vers la place de la République, où se tenait, comme depuis un mois, un rassemblement du mouvement Nuit debout. 

En province, des défilés dans le calme

Dans la matinée, des manifestants avaient battu le pavé dans de nombreuses villes de France. En province, 281 rassemblements avaient été organisés, rassemblant quelque 67 000 personnes, selon le ministère de l'Intérieur, le plus souvent dans un esprit bon enfant.

Seuls incidents notables : à Marseille, au moins quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue en marge de la manifestation. A Rennes, plusieurs centaines de jeunes ont envahi un cinéma du centre-ville.

A Rennes toujours, les manifestants ont repeint en rouge le pont sur lequel un jeune homme avait perdu un œil, jeudi, après avoir été la cible d'un tir de la part de la police.