Cinq pétitions qui ont porté leurs fruits (avant celle contre la loi El Khomri)

Sur Change.org, une pétition contre le projet de réforme du Code du travail a recueilli plus de 500 000 signatures. Retour sur quelques précédents, qui sont parvenus à leur but.

Rob Lawrie devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 14 janvier 2016.
Rob Lawrie devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 14 janvier 2016. (RICK FINDLER / EPA / MAXPPP)
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Le succès est fulgurant. Une pétition, lancée sur le site Change.org, contre la réforme du Code du travail a enregistré, jeudi 25 février, quelque 546 000 signatures. Elle devient ainsi la pétition la plus signée sur la version française de la plateforme. Va-t-elle connaître le même destin que d'autres pétitions tricolores lancées sur le même site ? Retour sur cinq pétitions qui ont fini par obtenir des résultats concrets.

1Pour la grâce de Jacqueline Sauvage

"François Hollande, accordez la grâce présidentielle à Jacqueline Sauvage". C'est le titre de la pétition lancée en faveur de cette femme, âgée de 68 ans, qui a écopé de dix ans de prison, le 3 décembre 2015. Elle a été condamnée pour le meurtre de son mari en 2012 d'un coup de fusil dans le dos. Son mari, violent, lui a fait vivre un enfer conjugal pendant 47 ans.

Jacqueline Sauvage devant la cour d'assises du Loir-et-Cher, à Blois, le 1er décembre 2015.
Jacqueline Sauvage devant la cour d'assises du Loir-et-Cher, à Blois, le 1er décembre 2015. (MAXPPP)

La pétition recueille 435 972 signatures. Le 10 janvier, François Hollande lui accorde une "remise gracieuse" de peine. "Le président de la République a voulu, face à une situation inhumaine exceptionnelle, rendre possible, dans les meilleurs délais, le retour de madame Sauvage auprès de sa famille, dans le respect de l'autorité judiciaire", écrit l'Elysée dans un communiqué.

2Pour que Rob Lawrie soit libre

Ce bénévole britannique se fait arrêter, en novembre 2015, alors qu'il transporte une Afghane âgée de 4 ans jusqu'en Angleterre. Il est jugé le 14 janvier devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) et risque jusqu'à cinq ans de prison.

Entre temps, une pétition contre son emprisonnement recueille 126 268 signatures. A son procès, il obtient une quasi-relaxe : il écope d’une simple amende avec sursis de 1 000 euros, une décision chaudement applaudie par le public : "Merci la France, la France est un pays humain ! C’était le procès de la compassion, nous l’avons gagné."

Rob Lawrie devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 14 janvier 2016.
Rob Lawrie devant le tribunal de grande instance de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), le 14 janvier 2016. (RICK FINDLER / EPA / MAXPPP)

3Pour rendre hommage aux victimes des attentats

"Paris est blessée, Paris pleure", écrit celui qui a lancé une pétition "en l'honneur des victimes des attentats du 7 au 9 janvier et du 13 novembre 2015". Au total, 100 088 personnes la signent. Le 5 janvier, Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, s'exprime sur le site Change.org. "Je suis très sensible à votre initiative et vous remercie de votre engagement pour Paris", écrit-elle. Elle indique que le 10 janvier, "un espace de mémoire en hommage aux victimes des attentats de l’année 2015 sera inauguré sur la place de la République".

Une plaque commémorative en honneur des victimes des attentats de Paris, sur la place de la République, à Paris, le 10 janvier 2016.
Une plaque commémorative en honneur des victimes des attentats de Paris, sur la place de la République, à Paris, le 10 janvier 2016. (ROLLINGER-ANA / ONLY FRANCE / AFP)

4Pour retirer la directive "secret des affaires"

Ce texte posait le principe général de l'interdiction de violer le secret des affaires, reprenant les termes d'une proposition de loi PS. Il prévoyait de punir quiconque prend connaissance, révèle sans autorisation ou détourne toute information protégée à ce titre d'une peine de trois ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende.

La journaliste de France 2 Elise Lucet lance une pétition contre la directive européenne. Elle réclame des dispositions pour mieux protéger la presse face aux entreprises. L'initiative est soutenue par 508 116 personnes. Le 15 décembre 2014, le Conseil et le Parlement européens réunis avec la Commission, modifient la directive et retirent les limitations concernant le travail de la presse.

Le 30 janvier 2015, l'amendement litigieux est retiré de la loi Macron. Selon Le Monde, qui cite un proche du chef de l'Etat, François Hollande a jugé qu'il n'était "ni opportun, ni judicieux" de maintenir le projet tel quel, au vu de la contestation dont il était l'objet.

5Pour la libération de Jason Rezaian

Le journaliste irano-américain Jason Rezaian, chef du bureau du Washington Post à Téhéran, la capitale iranienne, est arrêté en juillet 2014 pour espionnage. Ce dernier nie tous les faits qui lui sont reprochés, mais rien n'y fait. Fin 2015, il est condamné à une peine de prison dont la durée n'a jamais été annoncée publiquement.

Une pétition est lancée par un avocat français. Elle recueille 541 083 signatures. Le 16 janvier 2016, Jason Rezaian est libre. Il figure parmi les quatre Iraniens bi-nationaux libérés dans le cadre d'un échange de prisonniers avec les Etats-Unis. Washington a libéré sept Iraniens détenus.

Jason Rezaian, journaliste au "Washington Post", à Washington (Etats-Unis), le 28 janvier 2016.
Jason Rezaian, journaliste au "Washington Post", à Washington (Etats-Unis), le 28 janvier 2016. (MANDEL NGAN / AFP)

Paris Match précise que la détention de Jason Rezaian a été la plus longue pour un journaliste occidental en Iran depuis la révolution de 1979.