Code du travail, "Brexit"... Ce qu'il faut retenir de l'interview de François Hollande sur France Inter

Le chef de l'Etat a répondu, vendredi, aux questions de France Inter et de ses auditeurs depuis Bruxelles.

François Hollande lors de son arrivée au sommet européen de Bruxelles (Belgique), vendredi 19 février 2016.
François Hollande lors de son arrivée au sommet européen de Bruxelles (Belgique), vendredi 19 février 2016. (THIERRY ROGE / BELGA MAG / AFP)

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Une semaine après le remaniement ministériel, et alors que des négociations cruciales concernant l'avenir européen du Royaume-Uni se tiennent à Bruxelles (Belgique), François Hollande a répondu, vendredi 19 février, aux questions de France Inter.

Crise des migrants, frappes contre l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie, réforme du Code du travail... Le chef de l'Etat a balayé de nombreux sujets d'actualité. Francetv info récapitule les points essentiels.

Sur le "Brexit" : "Garder le Royaume-Uni dans l'Europe", mais pas à n'importe quelles conditions

Au micro de la radio publique, François Hollande a assuré qu'il faisait "ce qu'il [fallait] pour que nous puissions garder le Royaume-Uni dans l'Europe, mais à condition que l'Europe puisse avancer". Alors que les négociations entre Londres et les 27 autres Etats membres de l'UE se poursuivent, le chef de l'Etat a ainsi estimé qu'il n'était pas acceptable que la City, la place financière de Londres, bénéficie de "règles particulières", comme le réclame le Premier ministre britannique, David Cameron.

"Il peut y avoir une prise en compte de ce qu'est la City pour l'Europe, (...) mais il ne peut pas y avoir de règles particulières pour la City", a déclaré le président de la République. "La Grande-Bretagne voudrait avoir un statut un peu particulier [pour son marché financier]. Je ne peux pas l'accepter, cela voudrait dire que les banques françaises ou d'autres nationalités européennes n'auraient pas les mêmes contraintes ou facilités que d'autres établissements financiers au prétexte qu'ils sont à Londres", a-t-il encore souligné.

Sur les migrants : "La fin de Schengen serait la fin de l'Europe"

François Hollande a également estimé qu'il fallait tarir l'afflux dans l'UE de réfugiés en provenance du Proche-Orient. "Il faut absolument que nous maintenions ces populations en Turquie, en Jordanie et au Liban" et faire en sorte que les frontières extérieures de l'espace Schengen de libre circulation des personnes et des biens soient respectées, a-t-il martelé.

Si tel n'était pas le cas, ce serait "la fin de Schengen", a-t-il jugé. "On n'y est pas encore, mais si on en arrivait là, c'est la fin de l'Europe au sens de l'Europe de la libre circulation entre Européens", a souligné François Hollande.

Le risque serait alors, selon le chef de l'Etat, de voir des pays européens rétablir leurs frontières intérieures au détriment des échanges économiques, puis être tentés de rétablir leur monnaie et enfin de voir l'Europe se disloquer. "Bien sûr qu'il est là ce risque, le risque d'une dislocation, d'une dislocation qui sera molle, qui ne sera pas franche", a-t-il encore estimé.

Sur les frappes en Syrie : "Nous avons des résultats"

François Hollande s'est également félicité de l'efficacité des frappes aériennes visant l'organisation Etat islamique en Syrie et en Irak. "Nous continuons (...) à intensifier ces frappes autant qu'il est possible. Elles ont leur efficacité, nous avons maintenant des résultats, pas simplement en nombre de victimes, mais également en perte de moyens financiers, pétroliers, matériels et de capacité d'entraînement pour Daech", a déclaré le chef de l'Etat.

Le président a ajouté qu'il préférerait que Washington s'implique davantage dans ce dossier. "Les Américains considèrent qu'ils n'ont plus à être partout présents dans le monde, comme ils l'étaient auparavant, a-t-il regretté. Donc les Etats-Unis se sont mis en retrait. (...) Bien sûr que je préférerais que les Etats-Unis soient encore davantage actifs."

Sur la réforme du Code du travail : "Les salariés ne verront aucun de leurs droits remis en cause"

François Hollande a essayé de rassurer les Français au sujet du projet de loi sur la réforme du Code du travail, salué par le patronat mais rejeté par une partie de la gauche et des syndicats. "Il n'est pas question de remettre en cause les principes fondamentaux du Code du travail", a-t-il assuré, citant la durée légale de la semaine de travail, le salaire minimum et la liberté syndicale.

"Les salariés français ne verront aucun de leurs droits remis en cause", a-t-il ajouté, alors que certains s'inquiètent, notamment, d'une réforme des licenciements économiques ou du plafonnement des indemnités prud'homales. "Je ne veux pas allonger le temps de travail, je veux que, dans les entreprises, on puisse adapter le temps de travail à la réalité économique, a-t-il précisé. Ce qui est très important, c'est qu'on donne de la souplesse."

Sur la prochaine présidentielle : les conditions sont "réunies" pour un nouveau 21-Avril

Le chef de l'Etat a une nouvelle fois lié une nouvelle candidature à l'élection présidentielle à une baisse du chômage en France. Il a par ailleurs tenté de prendre ses distances avec l'organisation d'une primaire à gauche : "Je laisse les citoyens organiser comme ils le veulent la démocratie, et les partis faire ce qu'ils ont à faire", a-t-il indiqué, ajoutant ne "pas [se] détourner de [sa] mission" de président.

Interrogé sur la possibilité de voir le Front national se qualifier pour le second tour du scrutin, François Hollande a expliqué que les conditions pour un nouveau 21-Avril étaient "bien sûr réunies".