La finale de l'Euro 2012, c'est dimanche. Celle du sommet européen de Bruxelles s'est jouée vendredi 29 juin. Avec, à l'heure du bilan, des résultats peu ou prou similaires pour les quatre premières économies de la zone euro (Allemagne, France, Italie, Espagne) et leurs équipes de football. FTVi les passe en revue.

• La France assure le service minimum, comme les Bleus

L'accord surprise conclu vendredi entre les dirigeants de la zone euro, qui permettra de mettre en place un mécanisme de surveillance unique des banques, puis de les recapitaliser, a apporté l'espoir d'une accalmie dans la crise.

En permettant à cet accord de voir le jour, François Hollande a marqué des points. Il a aussi assuré l'approbation du pacte de croissance. Mais le président français n'a rien obtenu de Berlin sur les eurobonds. "La France (...) est restée un peu en retrait, mais a rempli son objectif prioritaire : le pacte de croissance, de l’ordre de 120 milliards d’euros, est adopté", analyse Europe 1.fr. Finalement, "l'équipe de France a alterné le bon et le très mauvais" pendant cet Euro, François Hollande aussi. Comme son équipe, "la France a par moments montré qu'elle avait un fonds de jeu", tout en cherchant "le schéma de jeu idéal".

Mais... François Hollande a pu partir de Bruxelles avec le sentiment du "devoir accompli". Alors que les Bleus ont quitté l'Ukraine avec la désagréable impression du "peut mieux faire". François Hollande ne s'est pas enfermé dans le traditionnel couple franco-allemand, il a misé sur une nouvelle stratégie qui a fonctionné. Celle de l'entraîneur Laurent Blanc, un peu moins.

• L'Allemagne perd sa suprématie juste avant la fin, comme la Mannschaft

De l'avis de la presse européenne, l'Allemagne s'est présentée, jeudi après-midi au sommet européen, isolée et rétive à tout compromis, mais en position de force. Comme l'équipe de foot allemande au début de l'Euro. Mais Berlin a lâché du lest sur certains points dans la nuit de jeudi à vendredi. Et comme la Mannschaft, Angela Merkel "a passé une bien mauvaise soirée sous les coups de boutoir des attaquants transalpins".

Jusqu'ici, l'Allemagne s'opposait à plusieurs mesures de stabilisation financière. Par exemple, elle ne souhaitait pas que le Fonds de secours européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES) puissent acheter directement des titres de dette de pays fragiles sur les marchés. Avec l'accord conclu lors du sommet, la zone euro pourra faire un usage plus "souple" des fonds de secours afin de "rassurer les marchés et d'obtenir de la stabilité sur les obligations souveraines de ses membres". 

Mais... La chancelière allemande n'a pas changé d'avis sur les eurobonds. Elle est restée campée sur ses positions, signe manifeste d'un rôle toujours dominant dans les négociations sur l'avenir de la zone euro. "A première vue, la décision pourrait apparaître comme une deuxième victoire italienne contre l'Allemagne (...). Mais de plus près, cela ressemble davantage à un match nul qui a fait entrer la crise de l'euro dans les prolongations", a ainsi expliqué Carsten Brzeski, de la banque ING, interrogé par l'AFP après la demi-finale de l'Euro 2012 remportée, jeudi soir, par l'Italie face à l'Allemagne.

• L'Italie exploite les failles de ses adversaires, comme la Squadra Azzurra

Rome et Madrid ont suspendu durant de longues heures, jeudi soir, leur accord au pacte de croissance. But : arracher à Berlin des mesures qui permettront de dissiper la menace des marchés financiers sur l'Italie et l'Espagne. Et c'est Mario Monti qui a mis fin au bras de fer. "Aux environs de 23 heures, le président du Conseil italien, très au fait du fonctionnement des institutions européennes, [a posé] ses exigences, avec l’appui du Premier ministre espagnol", raconte Europe1.fr"La détermination du président du Conseil italien, qui s'était présenté au sommet avec en poche un véritable ultimatum" est inédite, souligne Le Figaro. 

Vendredi, l'Italie a donc fêté sa double victoire : à l'Euro 2012 de football, avec son exploit face à une dynamique équipe allemande, et à Bruxelles, où le chef du gouvernement, Mario Monti, a réussi, grâce à son pressing digne d'un milieu de terrain affûté, à vaincre les réticences de la chancelière Angela Merkel. De nombreux parallèles ont été établis pour saluer le double exploit des Super Mario (Balotelli et Monti), dans la presse italienne et sur les réseaux sociaux (liens en italien).

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel a aussi tenu à rapporter une anecdote emblématique : "Monti, une fois décroché le 'ja' [oui] de Merkel, était tellement soulagé qu'il s'est mis à parler de football (...) alors qu'il est tout sauf un fan du ballon rond."

Mais... Si Mario Monti a obtenu gain de cause, c'est grâce à l'appui de la France. Cette constatation n'est pas valable pour l'Euro de foot : la défaite de la France en quarts de finale n'a pas aidé l'équipe italienne, la Squadra Azzurra, à poursuivre la compétition.

• L'Espagne gagne parce qu'elle (se) défend bien, comme la Roja

Madrid a donc accompagné Rome dans un bras de fer avec leurs partenaires européens. "En séance, Mario Monti a tout de suite trouvé un allié de poids en la personne du conservateur espagnol Mariano Rajoy, qui partage les mêmes préoccupations", analyse Le Figaro.

Mais le Premier ministre n'a pas été le premier à prendre l'initiative. En somme, il a adopté une attitude semblable à celle des joueurs de la Roja pendant l'Euro 2012, qui "se sont contentés de gérer leur avance, en faisant tourner le ballon". "L'Espagne est une équipe ennuyeuse, qui gagne d'abord parce qu'elle défend bien". Mais elle se retrouve en finale, et a négocié un accord satisfaisant pour le pays au sommet européen.

Mais... Contrairement à la finale de l'Euro, l'Espagne n'a pas été opposée à l'Italie. Les pays se sont alliés plutôt qu'affrontés. Aucun n'a le dessus : ils sont tous les deux en difficulté face aux marchés financiers. Et sur le terrain, l'Espagne règne sur la compétition : si elle gagne l'Euro dimanche, il s'agira de sa troisième victoire consécutive d'une compétition majeure. Un record que le pays n'est pas prêt de battre dans les sommets européens.