Le chef du gouvernement italien, Mario Monti, et le président français, François Hollande, le 23 mai 2012 à Bruxelles.
Le chef du gouvernement italien, Mario Monti, et le président français, François Hollande, le 23 mai 2012 à Bruxelles. (MICHEL EULER / POOL)

Une rencontre à deux avant le mini-sommet prévu entre la France, l'Italie, l'Allemagne et l'Espagne. Ce jeudi 14 juin, à Rome, François Hollande s'entretient avec le chef du gouvernement italien, Mario Monti. "Une rencontre prévue dans le cadre des rapports d'amitié intense et de proximité de vue entre les deux pays", indique le gouvernement italien.

Ces discussions se déroulent alors que l'Italie est en pleine tourmente financière. Au premier trimestre 2012, le pays s'est enfoncé dans la récession, avec une nouvelle contraction de 0,8% de son PIB par rapport au trimestre précédent. Signe des inquiétudes du marché, le coût d'emprunt de Rome a atteint, mercredi, son plus haut niveau depuis six mois.

  • Les points d'accords

François Hollande tente d'obtenir le maximum de soutien sur son pacte de croissance et Mario Monti est rallié à la cause. Les deux présidents mettent clairement l’accent sur la nécessité de relancer la croissance en Europe afin de compenser l'impact des mesures d'austérité budgétaire qui ont plongé plusieurs pays, dont l'Italie, dans la récession. D'une même voix, ils appellent la chancelière allemande à assouplir sa position sur l'austérité budgétaire.

Tous deux plaident également pour l'instauration d'euro-obligations, emprunts qui permettraient de mutualiser les risques et protéger les pays fragiles des attaques spéculatives. Encore une fois, l'Allemagne s'y oppose.

Mario Monti est donc présenté comme un appui pour Hollande dans son tête-à-tête avec l'Allemagne. Professeur d'économie et ex-commissaire européen, il dit lui-même "espérer faciliter une synthèse entre les positions française et allemande". De fait, les convergences entre le président socialiste et Mario Monti, proche du centre-droit, sont nombreuses.

  • Les points de désaccords

Sur d'autres remèdes à la crise, pourtant, le président du Conseil italien est parfois plus proche de la position de Berlin. L’ex-commissaire à la concurrence, fervent avocat de l’approfondissement du marché intérieur européen, plaide notamment pour plus de libéralisations, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports. La France y est traditionnellement rétive, soucieuse de protéger ses entreprises publiques.

Quant à la taxe sur les transactions financières, défendue par la France, elle a le soutien de l’Italie. Mais Rome estime toutefois, comme Berlin, qu’elle ne peut être adoptée de manière unilatérale. Pour le gouvernement Monti, il conviendrait de l’appliquer en même temps dans tous les pays du G20, ou à défaut dans les 27 membres de l’UE, voire au moins au sein du noyau des 17 pays de la zone euro.

Outre l’Europe, les deux dirigeants évoqueront les relations bilatérales, désormais au beau fixe, après une période orageuse entre leurs prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi.