"C'est une nouvelle incroyablement bonne", a lancé le Premier ministre démissionnaire, Mark Rutte, devant la chambre basse du Parlement néerlandais. Et pour cause : après des semaines de négociations infructueuses, l'approbation par les députés du budget de rigueur, jeudi 26 avril, a été accueillie avec soulagement aux Pays-Bas.

Le libéral Mark Rutte a été contraint à la démission le 23 avril en raison du désaccord persistant avec son allié d'extrême droite dans la coalition, Geert Wilders, chef de file du Parti pour la liberté (PVV), eurosceptique et islamophobe. Son départ devrait aboutir à des élections législatives anticipées, attendues le 12 septembre. 

Un accord avec l'opposition pour contrer le blocage de l'extrême droite

Pour mettre fin au blocage, les libéraux (VVD) de Mark Rutte et les chrétiens-démocrates du CDA ont finalement obtenu jeudi le soutien de trois petits partis de l'opposition : les centristes de D66, les écologistes et le parti chrétien ChristenUnie. Ils se sont mis d'accord sur un budget visant à ramener en 2013 le déficit public sous les 3% du PIB, contre 4,7% en 2011. Il prévoit notamment une augmentation de la TVA, une réduction du budget alloué aux soins de santé et un gel des salaires de certains fonctionnaires. Aucune évaluation chiffrée des économies prévues n'a été fournie.

Le ministre des Finances, Jan Kees de Jager, qui a mené les négociations entre les différents partis, s'est félicité de cette issue : "De cette manière, les Pays-Bas peuvent continuer à bénéficier d'un faible taux d'intérêt." Jan Kees de Jager doit, tout comme ses homologues européens, soumettre d'ici à lundi à la Commission européenne une ébauche de budget pour 2013. "Il me semble maintenant possible que les Pays-Bas envoient ce soir une lettre à Bruxelles", a assuré le chef du groupe parlementaire chrétien-démocrate.