Les Bourses européennes se sont envolées vendredi 29 juin, rassurées par l'accord surprise conclu dans la nuit à Bruxelles entre les dirigeants de la zone euro. Adopté sous la pression de Madrid et Rome, il permet de recapitaliser les banques via les fonds de secours européens.

Les marchés s'enflamment

Les places européennes n'avaient pas vécu pareille journée depuis des lustres : la Bourse de Paris a clôturé sur un bond de 4,75%. A Milan, elle s'est envolée de 6,59% à la fermeture tandis que Madrid a gagné plus de 5% peu avant la clôture. A 17h20, l'indice Ibex-35 des valeurs vedettes espagnoles a bondi de 5,35% à 7.081 points, toujours dopé par les actions bancaires : Santander s'est envolé de 6,41% à 5,198 euros et BBVA a grimpé de 7,86% à 5,57 euros, les autres banques bénéficiant aussi de l'embellie. Une journée dans le vert en réaction à l'accord noué dans la nuit par les dirigeants de la zone euro, lequel pose la première pierre d'une union bancaire. 

Dès l'ouverture, vers 9h15, Paris bondissait de 2,52%, Francfort de 2,35%, Londres de 1,43%, Milan de 3,20% et Madrid de 3,71%. Cette avancée politique inattendue a permis à la Bourse de Tokyo de finir sur une nette hausse de 1,50%.

Une entente qui rassure

Jeudi, les marchés avaient oscillé entre inquiétude et doute concernant l'issue de ce sommet crucial pour l'avenir de la zone euro, en raison de la persistance des divergences entre pays sur les moyens de juguler la crise de la dette. "Du fait qu'il y avait peu d'attentes sur le sommet de l'Union européenne, cette annonce a créé la surprise", a indiqué Masafumi Yamamoto, chef stratégiste des changes de Barclays Capital à Tokyo, à l'agence Dow Jones Newswires.

Les responsables de la zone euro se sont mis d'accord sur la mise en place, d'ici la fin de l'année, d'un mécanisme permettant de recapitaliser directement les banques sous certaines conditions, par l'intermédiaire du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et du Mécanisme européen de stabilité (MES). L'Espagne cherche à éviter que le plan de sauvetage de ses banques n'alourdisse sa dette publique au point de la rendre insoutenable. L'Italie, elle, s'inquiète des taux élevés que lui imposent les marchés pour se financer.