Les marchés avaient anticipé la victoire de François Hollande, un peu moins celle des partis anti-austérité en Grèce. Les principales Bourses d'Europe ont ouvert en nette baisse, lundi 7 mai, avant de se reprendre à la clôture, au lendemain des élections française et grecque, qui ont marqué un rejet dans les urnes des plans de rigueur imposés pour combattre la crise de la dette européenne. L'incertitude sur la Grèce inquiète cependant davantage que l'alternance politique en France. FTVi fait le point sur les réactions des places financières.

• La Bourse de Paris clôture en nette hausse

Après avoir perdu 1,57% à l'ouverture, le CAC 40 a Paris a finalement clôturé sur un gain de 1,65%. Les autres places européennes ont été agitées, mais Milan a gagné 2,56%, Madrid 2,72%. Francfort a grignoté 0,12%. La place de Londres était fermée pour la journée. Le 7 mai est férié au Royaume-Uni. La Bourse d'Athènes, elle, a dégringolé sérieusement, chutant de 6,6%. Un peu plus tôt, la Bourse de Tokyo avait clôturé en chute de 2,78%.

La monnaie unique européenne est remontée après avoir reculé à un plus bas en trois mois dans la nuit de dimanche à lundi, s'échangeant à 18 heures à 1,3048 dollar. Elle valait 1,3082 dollar vendredi vers 23 heures. Pour Alain Gaudry, analyste chez Deutsche Bank "les inquiétudes pour l'Europe sont toujours là, mais elles se portent sur la Grèce et non pas sur l'arrivée des socialistes au pouvoir" en France, largement anticipée. Pour preuve, le taux d'emprunt de la France sur le marché obligataire, là où s'échangent les titres de dette déjà émis, reculait à 2,776% contre 2,818% vendredi.

• La poussée des extrémistes en Grèce préoccupe davantage

L'inquiétude la plus forte des marchés vient de la Grèce où les partis opposés à un accroissement de l'austérité, de la gauche radicale aux néonazis, ont mis la main sur la moitié des sièges au Parlement. "Les élections en Grèce pourraient entraîner le plus d'instabilité (...). Il ne semble pas y avoir de vainqueur clair, mais il y aura des appels à modérer les réformes d'austérité", souligne la National Australia Bank.

"Si les marchés réagissent mal c'est clairement à cause de la Grèce. L'arrivée de François Hollande au pouvoir avait été diabolisée. On se rend compte qu'elle a peu d'impact aujourd'hui", note de son côté Philippe Waechter, directeur des études économiques chez Natixis Asset Management.

Un avis partagé Marc Touati, économiste chez Assya

(APTN)

• La confiance des investisseurs envers la France n'est pas entamée

L'agence d'évaluation financière Standard & Poor's, qui avait retiré en janvier à la France sa note maximale "AAA", s'est voulue rassurante lundi matin. Selon elle, l'élection du candidat socialiste n'a pas "d'impact immédiat" sur la note du pays ou sa perspective d'évolution.

En outre, le taux d'emprunt à 10 ans de la France sur le marché obligataire était quasi stable au lendemain du second tour. Après avoir démarré en baisse à 2,798%, contre 2,809% en clôture vendredi, il a toutefois légèrement augmenté en cours de matinée, à 2,842%.

Si les investisseurs ne sanctionnent pas la France pour l'instant, ils pourraient toutefois le faire lors de l'annonce des premières dépenses prévues dans le programme de François Hollande, prévient toutefois Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis. Surtout "si elles ne sont pas accompagnées d'économies supplémentaires". Selon Marc Touati, l'incertitude par rapport au couple franco-Allemand sur la question de la croissance pèse toujours sur les marchés. 

(APTN)

Le porte-parole du gouvernement allemand a d'ores et déjà fait savoir lundi que le pacte budgétaire européen ne serait pas modifié. Il a toutefois assuré que la qualité des relations franco-allemandes serait maintenue avec Angela Merkel et François Hollande.