CRISE EUROPEENNE – La crise s'aggrave et pourrait empirer sans mesures immédiates, s'alarme le Fonds monétaire international (FMI). L'institution a encore abaissé, lundi 8 octobre, sa prévision de croissance mondiale pour 2012, en raison notamment de la crise en Europe, qui demeure "la menace la plus claire" pour l'économie du globe. "Les risques de dégradation ont augmenté et sont considérables", écrit le FMI, qui avait déjà abaissé ses prévisions en juillet. FTVi liste ces annonces publiées dans un rapport à Tokyo (Japon) avant l'assemblée générale du Fonds. 

La crise peut s'aggraver en France

Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour la France en 2012 et en 2013 au sein d'une zone euro où, selon lui, une possible aggravation de la crise fait peser un risque sur la croissance. Le produit intérieur brut français devrait progresser cette année de 0,1%, contre 0,3% attendu en juillet, et de 0,4% l'année prochaine. C'est deux fois moins que prévu cet été par le FMI. Le gouvernement français prévoit 0,3% de croissance cette année et 0,8% l'an prochain. Tout comme les prévisions de l'Insee parues jeudi, l'estimation du FMI pour 2013 est ainsi nettement inférieure à celle de l'exécutif. 

Le Fonds estime en conséquence que la France ne respectera ni cette année, ni l'an prochain ses engagements chiffrés de réduction du déficit public. Il prévoit donc que le déficit de l'Etat, des collectivités locales et de la Sécurité sociale sera de 4,7% du PIB fin 2012 et de 3,5% fin 2013, contre 4,5% et 3% prévus par le gouvernement.  

Une mise en garde pour l'Union européenne

Selon le FMI, l'Union européenne doit rapidement "mettre sur pied" son fonds de secours, commencer à prendre des mesures "pour parvenir à une union bancaire et à une plus grande intégration budgétaire" et poursuivre l'assainissement des finances publiques. En cas d'inertie, les récents signes d'amélioration qui ont suivi l'annonce du programme de rachat d'obligations par la Banque centrale européenne pourraient s'avérer "éphémères", met en garde le FMI. Et la zone euro déraperait encore davantage dans la récession.

Le Fonds recommande aussi à la France de mener des politiques conduisant à une meilleure compétitivité. "Parmi les grandes économies de la zone euro, des politiques qui conduiraient à une demande intérieure plus élevée en Allemagne et à une compétitivité plus forte en France, en Italie et en Espagne seraient bénéfiques", déclare-t-il.

La croissance mondiale revue à la baisse

Le FMI a abaissé sa prévision de croissance mondiale pour 2012, à 3,3% contre 3,5% attendu jusque-là. Il revoit également à la baisse ses prévisions pour 2013 (3,6% contre 3,9%), en dépit du dynamisme des pays émergents. Il s'attend aussi à voir un chômage élevé perdurer dans "beaucoup d'endroits du globe".

"La question clé est de savoir si l'économie mondiale traverse simplement une nouvelle zone de turbulences (…) ou si le ralentissement actuel pourrait durer", souligne le FMI. Selon lui, la réponse est à présent entre les mains des gouvernements en Europe mais également aux Etats-Unis. "Si les législateurs [américains] échouent, l'économie américaine pourrait retomber en récession avec des conséquences catastrophiques sur le reste du monde", prévient-il.

Toutefois, le FMI note qu'une fois encore l'activité dans les pays émergents devrait rester "solide", malgré un léger ralentissement observé récemment en Chine, en Inde ou au Brésil.