La ministre des Finances finlandaise, Jutta Urpilainen (à dr.), avec la directrice du FMI, Christine Lagarde, lors du conseil de l'Eurozone, le 21 juin 2012 à Luxembourg. 
La ministre des Finances finlandaise, Jutta Urpilainen (à dr.), avec la directrice du FMI, Christine Lagarde, lors du conseil de l'Eurozone, le 21 juin 2012 à Luxembourg.  (GEORGES GOBET / AFP)

La Finlande refuse de payer les dettes des autres pays de la zone euro et s'oppose à la responsabilité collective face aux difficultés rencontrées par certains Etats, affirme la ministre finlandaise des Finances, Jutta Urpilainen, dans le quotidien économique Kauppalehti daté du vendredi 6 juillet.

"La responsabilité collective pour les dettes (...) et les risques d'autres pays n'est pas ce à quoi nous devons nous préparer", explique-t-elle. Une déclaration analysée par le quotidien comme le fait que la Finlande, un des derniers membres de la zone euro à bénéficier d'une note de crédit triple A, "ne s'accrochera pas à l'euro à n'importe quel prix et est prête à tous les scénarios", y compris à abandonner la monnaie unique européenne.

Un porte-parole de la ministre, Matti Hirvola, a cependant démenti cette analyse du quotidien en déclarant que "toute affirmation selon laquelle la Finlande allait quitter l'euro est simplement fausse". Dans son interview, la ministre déclarait : "La Finlande est engagée à être membre de la zone euro et nous estimons que l'euro est bénéfique pour la Finlande. Toutefois, la Finlande ne s'accrochera pas à l'euro à n'importe quel prix."

Résoudre la crise, "mais pas à n'importe quelles conditions"

La ministre des Finances avait reconnu jeudi dans un autre entretien que son pays "représentait une ligne dure" vis-à-vis des plans d'aide financière. "Nous sommes constructifs et nous voulons résoudre la crise, mais pas à n'importe quelles conditions", affirmait-elle.

Helsinki a fait part de sa réticence à permettre au Mécanisme européen de stabilité (MES) d'acheter des obligations sur le marché secondaire dans le cadre de l'accord conclu la semaine dernière lors du sommet de Bruxelles. L'an dernier, Helsinki avait exigé et obtenu, lors du deuxième plan d'aide à la Grèce, de signer un accord bilatéral avec Athènes lui garantissant de récupérer les sommes avancées.

Le ministère a également annoncé l'ouverture la semaine prochaine de négociations bilatérales avec l'Espagne sur des garanties en échange d'une participation du pays nordique au plan de sauvetage des banques ibériques.