C'est dit. Et même écrit, noir sur blanc. L'Espagne est retombée en récession, pour la deuxième fois depuis 2009. Le ministre espagnol de l'Economie,  Luis de Guindos, l'a admis lundi 16 avril dans un entretien au quotidien El Mundo (article en espagnol, payant). 

Les chiffres officiels sur le produit intérieur brut (PIB) espagnol du premier trimestre 2012 ne seront pas publiés avant le 30 avril. Mais Luis de Guindos a reconnu que l'économie espagnole devrait avoir enregistré, au premier trimestre, une contraction similaire à celle du dernier trimestre 2011, qui était de 0,3% par rapport au troisième trimestre.

Un sauvetage inévitable ? 

Deux trimestres successifs de PIB en baisse correspondent à la définition technique de la récession, laquelle a été largement anticipée en Espagne. Selon le ministre, la baisse ne sera toutefois pas aussi grave que ce que l'on pouvait craindre. "Si vous m'aviez posé cette question il y a deux mois, j'aurais pensé que le premier trimestre 2012 aurait été bien pire que le dernier trimestre de l'année dernière. Mais cela ne sera pas le cas", a assuré Luis de Guindos.

Le gouvernement de droite de Mariano Rajoy s'est engagé à procéder à d'importantes réductions budgétaires. Mais, sur les marchés, on craint de plus en plus que la récession ne rende impossible l'atteinte des objectifs de déficits et que l'Espagne doive rechercher une aide internationale sous une forme ou sous une autre, à l'instar de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal.

Les rendements de la dette espagnole à dix ans sont passés lundi matin au-dessus des 6% pour la première fois depuis le début de l'année. "On est revenu [dans une situation] de pleine crise, commente Lyn Graham-Taylor, spécialiste des taux à la Rabobank. Il semble de plus en plus probable que l'Espagne devra recourir à une certaine forme de sauvetage."